Chute de cheveux, les causes et comment les reconnaître
Une chute de cheveux a presque toujours une explication. La forme de la chute, son rythme et ce qui s’est passé dans les mois précédents permettent souvent de la trouver.

Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est normal : ce sont des cheveux arrivés au bout de leur cycle. Une chute devient anormale quand elle dépasse nettement ce rythme ou quand les cheveux ne sont plus remplacés. Les causes les plus fréquentes sont l’alopécie androgénétique (la calvitie héréditaire), la chute réactionnelle, qui survient quelques mois après un choc, les carences en fer, les troubles de la thyroïde et certains médicaments. Une chute en plaques relève d’autres causes, comme la pelade ou la teigne, et justifie un avis médical.
Combien de cheveux perd-on normalement par jour ?
Un cuir chevelu compte 100 000 à 150 000 cheveux selon le Vidal, et en perdre 50 à 100 par jour fait partie du renouvellement normal. Le Vidal parle de chute anormale au-delà de 100 cheveux par jour, ou quand une zone du cuir chevelu perd plus de cheveux que le reste du crâne.
Chaque cheveu suit un cycle en trois temps, décrit par le manuel MSD :
- la phase de croissance (anagène) dure 2 à 6 ans ;
- la phase de transition (catagène) dure environ 3 semaines ;
- la phase de repos (télogène) dure 2 à 3 mois, puis le cheveu tombe et un nouveau pousse dans le même follicule.
Selon le Vidal, un follicule ne peut produire qu’environ 20 à 25 cycles avant de s’épuiser. C’est pour cela qu’un phénomène qui accélère les cycles, comme l’action des hormones mâles dans la calvitie, finit par vider certaines zones.
Pour objectiver une chute, le dermatologue utilise le test de traction : il tire doucement une trentaine de cheveux entre deux doigts. Selon la Société française de dermatologie, seuls un ou deux doivent normalement venir. Ce test et les autres examens sont détaillés dans notre guide sur la consultation chez le dermatologue pour une chute de cheveux.
Chute diffuse ou plaques, que révèle la forme de la chute ?
La forme de la chute est le premier indice. Une chute diffuse touche l’ensemble du crâne ou tout le dessus de la tête. Une chute en plaques laisse des zones nettes sans cheveux. La Société française de dermatologie distingue aussi la chute totale, observée dans certaines pelades et après certaines chimiothérapies.
| Forme | Causes fréquentes | Ce qui oriente |
|---|---|---|
| Diffuse, progressive, sur le dessus | Alopécie androgénétique | Cheveux plus fins, golfes ou sommet chez l’homme, raie élargie chez la femme |
| Diffuse, brutale, sur tout le crâne | Chute réactionnelle (effluvium télogène) | Un événement 2 à 4 mois avant : accouchement, fièvre, opération, choc |
| Diffuse, qui dure | Carence, thyroïde, médicament, stress chronique | Fatigue, règles abondantes, traitement récent |
| En plaques | Pelade, teigne, traction | Plaques lisses, plaques qui grattent, coiffures serrées |
Selon le Vidal, la teigne est une infection par un champignon, plus fréquente chez l’enfant de moins de 12 ans, qui donne des plaques rouges qui démangent ou des zones sans cheveux. La pelade est une maladie auto-immune : le système immunitaire attaque les follicules d’une zone. Elle touche environ 1 % de la population selon la même source. Notre guide sur la pelade détaille ses formes et ses traitements.
La Société française de dermatologie cite aussi l’alopécie de traction : des nattes très serrées, des élastiques ou des barrettes toujours posés au même endroit finissent par faire tomber les cheveux sur l’avant ou les côtés de la tête. La casquette, elle, n’y est pour rien : voyez ce que disent les dermatologues de la casquette et du casque.
Quelles causes hormonales ?
La première cause hormonale est l’alopécie androgénétique, ou calvitie : une prédisposition familiale associée à l’action des hormones mâles (androgènes) sur les follicules. Viennent ensuite les troubles de la thyroïde, l’excès d’hormones mâles chez la femme, l’accouchement et les changements de contraception, qui donnent tous une chute diffuse.
Selon la Société française de dermatologie, la testostérone est transformée en dihydrotestostérone (DHT) par une enzyme, la 5 alpha réductase. La DHT accélère les cycles du cheveu, qui devient de plus en plus fin jusqu’à un duvet sans pouvoir couvrant.
Les chiffres publiés par le Vidal et par Santé.fr donnent la mesure : environ 20 % des hommes de 20 ans, 30 % à 30 ans et 40 % à 40 ans sont concernés, et chez la femme, une sur cinq vers 40 ans et une sur quatre vers 60 ans. Voir nos guides sur l’alopécie androgénétique de l’homme et sur la chute de cheveux chez la femme.
D’autres déséquilibres hormonaux font tomber les cheveux :
- la thyroïde : un fonctionnement trop intense (hyperthyroïdie) comme trop faible (hypothyroïdie) peut provoquer une chute diffuse, selon la Société française de dermatologie et le manuel MSD ;
- l’excès d’hormones mâles chez la femme, par exemple en cas d’ovaires polykystiques, qui donne le même résultat sur la chevelure ;
- la grossesse et l’accouchement : une chute réactionnelle s’observe à partir de la sixième semaine après la naissance, un peu plus tard en cas d’allaitement (voir la chute de cheveux après un accouchement) ;
- l’arrêt ou la reprise d’une pilule contraceptive, qui peut modifier la croissance des cheveux.
Quelles causes après un choc, une maladie ou un régime ?
Un événement brutal (accouchement, forte fièvre, opération, choc psychologique, régime sévère) peut faire basculer d’un coup beaucoup de cheveux en phase de repos. C’est l’effluvium télogène, ou chute réactionnelle. Selon le Vidal, jusqu’à 30 % des cheveux arrêtent alors leur croissance en même temps, et ils tombent quelques mois plus tard.
Les déclencheurs reconnus par le Vidal et le manuel MSD sont :
- l’accouchement, une fausse couche ou une interruption de grossesse ;
- une forte fièvre ou une maladie grave ;
- une opération sous anesthésie générale ;
- un choc psychologique intense ;
- une perte de poids rapide, un régime très restrictif ;
- l’arrêt d’une contraception hormonale.
Le point déroutant est le délai : les cheveux tombent 2 à 4 mois après l’événement, selon DermNet, parce qu’un cheveu reste accroché environ trois mois après avoir cessé de pousser. On a souvent oublié la grippe ou l’opération quand la chute commence. Le Vidal indique que cette chute dure 3 à 4 mois et qu’elle est suivie d’une repousse complète.
Quand la chute diffuse s’installe, la cause est plutôt une situation durable. Le Vidal cite le stress chronique, les carences (fer, zinc, magnésium, calcium), les régimes extrêmes ou l’anorexie, le diabète déséquilibré, la dépression sévère et la radiothérapie. Le manque de fer est fréquent chez la femme : la Société française de dermatologie le relie aux règles abondantes, aux grossesses rapprochées ou à une alimentation pauvre en fer. Notre guide sur la chute saisonnière et la chute liée au stress détaille ces mécanismes, et un article traite la chute qui suit une sleeve ou un amaigrissement rapide.
Quels médicaments font tomber les cheveux ?
Les médicaments le plus souvent cités pour faire tomber les cheveux sont la chimiothérapie, les anticoagulants, le lithium, certains traitements de l’hypertension, de l’épilepsie, de l’acné et de la thyroïde, les androgènes et certaines pilules. La chute est diffuse et apparaît souvent quelques mois après le début du traitement, comme toute chute réactionnelle.
Les listes du manuel MSD, du Vidal et de la Société française de dermatologie se recoupent :
- la chimiothérapie, qui fait tomber les cheveux en pleine croissance (voir la chute de cheveux pendant une chimiothérapie) ;
- les anticoagulants ;
- le lithium ;
- certains traitements de l’hypertension, de l’épilepsie, de l’acné (rétinoïdes) et de la thyroïde ;
- les médicaments à base d’androgènes et les stéroïdes anabolisants ;
- certaines pilules contraceptives mal adaptées, ainsi que leur arrêt.
Si une chute commence dans les mois qui suivent un nouveau traitement, il ne faut pas l’arrêter seul : on en parle au médecin qui l’a prescrit, qui juge du lien et d’une éventuelle alternative.
À l’inverse, un médicament prescrit contre la chute peut être inutile si la cause n’est pas la bonne. L’ANSM le rappelle à propos du finastéride : chez une personne jeune, une perte de cheveux peut venir d’un stress, d’une carence, d’une maladie ou d’un autre médicament, et dans ces cas le finastéride n’aurait aucun effet sur la chute tout en exposant à ses effets indésirables. Voir notre guide sur le finastéride.
Quand faut-il consulter ?
Il faut consulter dès que la chute sort de l’ordinaire : chute brutale, plaques sans cheveux, chute qui dure plusieurs mois, ou chute associée à d’autres symptômes. Le médecin traitant peut faire un premier bilan, et le dermatologue examine le cuir chevelu et les cheveux à l’aide d’un dermatoscope, selon la Société française de dermatologie.
Le bilan dépend de ce que le médecin suspecte. Une alopécie androgénétique ne nécessite habituellement pas d’examen. Chez la femme, il est classique de rechercher une maladie de la thyroïde ou une carence en fer, parfois en vitamines et en zinc. Une teigne se confirme par un prélèvement avant le traitement antifongique.
Le manuel MSD distingue deux niveaux d’urgence. On consulte rapidement en cas de signes d’une maladie générale ou, chez la femme, de signes de virilisation, c’est-à-dire l’apparition de caractéristiques masculines. Sans ces signes, on consulte dès que possible, sans urgence. Pour préparer le rendez-vous, voir le guide de consultation cité plus haut, et pour la suite, la rubrique traitements de la chute de cheveux.
Quand consulter sans attendre
Si la chute s’accompagne de signes d’une maladie générale, ou si une femme voit apparaître des caractéristiques masculines (virilisation), le manuel MSD recommande une consultation rapide. Des plaques sans cheveux, surtout chez un enfant ou si elles démangent, justifient aussi un avis médical : le Vidal rappelle qu’une teigne est une infection par un champignon, souvent transmise par un animal, qui se traite par antifongique pendant six à huit semaines.
Questions fréquentes
Se laver souvent les cheveux accélère-t-il la chute ?
Non selon la Société française de dermatologie : se laver les cheveux dès qu’ils sont sales n’est pas néfaste pour l’évolution d’une calvitie, et le volume obtenu masque même les zones clairsemées. La même source précise qu’aucun shampooing n’est réellement antichute, quoi qu’en dise l’étiquette.
Les massages du cuir chevelu font-ils repousser les cheveux ?
La Société française de dermatologie considère les massages comme inutiles pour prévenir la chute et indique qu’ils ne stimulent pas la pousse, même s’ils sont agréables.
Une chute de cheveux peut-elle cacher une maladie ?
Parfois. Le Vidal cite parmi les causes de chute diffuse persistante les troubles de la thyroïde, le diabète déséquilibré, les carences et la dépression sévère. Le manuel MSD recommande de consulter rapidement si la chute s’accompagne de signes d’une maladie générale.
Une chute réactionnelle peut-elle rendre chauve ?
Non. Selon DermNet, une chute réactionnelle (effluvium télogène) ne provoque pas de calvitie complète. Elle peut en revanche rendre visible une calvitie héréditaire qui était discrète jusque-là.
Sources
- Vidal, « Chute de cheveux : symptômes, causes, traitements et prévention », consulté le 6 octobre 2026.
- Manuel MSD, version grand public, « Alopécie (chute de cheveux ou de poils) », consulté le 6 octobre 2026.
- Société française de dermatologie (dermato-info.fr), « Tout savoir sur l’alopécie », consulté le 6 octobre 2026.
- Vidal, « Les chutes de cheveux diffuses passagères », consulté le 6 octobre 2026.
- Vidal, « Les chutes de cheveux par plaques », consulté le 6 octobre 2026.
- DermNet (Nouvelle-Zélande), « Telogen effluvium », consulté le 6 octobre 2026.
- Santé.fr (service public d’information en santé), « Chute de cheveux », consulté le 6 octobre 2026.
- ANSM, « Information pour les patients traités par finastéride 1 mg (mis à jour le 05/02/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
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