Chute de cheveux, quel médecin consulter et quels examens
Une chute de cheveux s’explique dans la plupart des cas par un examen attentif du cuir chevelu et quelques questions. Voici qui consulter, ce qui sera fait, et ce que cela coûte.

Pour une chute de cheveux, le premier interlocuteur est le médecin traitant : il peut examiner, prescrire un bilan sanguin et orienter vers un dermatologue, le spécialiste des cheveux et du cuir chevelu. Passer par lui garde le remboursement normal, car le dermatologue n’est pas en accès direct. Le diagnostic est le plus souvent clinique : interrogatoire, examen, test de traction et trichoscopie. Le trichogramme et la biopsie sont réservés aux cas difficiles. Les « bilans capillaires » par analyse de minéraux n’ont pas de validité démontrée.
Médecin traitant ou dermatologue ?
Commencez par le médecin traitant. Il connaît vos antécédents et vos traitements, peut repérer une cause générale (accouchement, maladie récente, médicament, carence) et prescrire une prise de sang. Il vous adresse au dermatologue si la chute est en plaques, si le cuir chevelu est abîmé, si le diagnostic reste incertain ou si un traitement spécialisé s’impose.
Ce passage par le médecin traitant n’est pas qu’une formalité. Selon l’Assurance maladie, seuls quelques spécialistes peuvent être consultés en accès direct (gynécologue, ophtalmologue, psychiatre entre 16 et 25 ans, stomatologue). Le dermatologue n’en fait pas partie : sans orientation par le médecin traitant, la consultation est remboursée à un taux réduit (voir plus bas).
Quelques situations orientent directement vers le dermatologue après le médecin traitant :
- des plaques sans cheveux, qui font penser à une pelade ou à une teigne ;
- un cuir chevelu rouge, croûteux ou douloureux, avec chute, qui peut signaler une alopécie dite cicatricielle, où le follicule est détruit de façon irréversible, selon la Société française de dermatologie (SFD) ;
- une calvitie qui progresse chez l’homme ou un éclaircissement chez la femme, si l’on envisage un traitement ;
- une chute qui dure malgré la correction d’une cause trouvée.
D’autres spécialistes interviennent parfois ensuite : endocrinologue ou gynécologue si une cause hormonale est en jeu, oncologue pour une chute liée à un traitement du cancer (voir chute de cheveux et chimiothérapie). Pour un enfant, voyez qui consulter quand c’est un enfant qui perd ses cheveux.
Comment se passe la consultation ?
La consultation commence par des questions précises : depuis quand, à quelle vitesse, en plaques ou partout, après quel événement. Le médecin examine ensuite le cuir chevelu et la répartition des cheveux, fait un test de traction et regarde souvent les cheveux au dermatoscope. Dans la plupart des cas, cela suffit à poser le diagnostic, sans autre examen.
L’interrogatoire, selon le manuel MSD, porte sur le début de la chute, sa durée, sa progression et sa localisation, sur les habitudes de coiffure (nattes serrées, bigoudis) et sur les événements des mois précédents : stress physique ou psychologique, maladie, opération, accouchement, régime, nouveau médicament. Préparez ces informations, ainsi que la liste de vos traitements et vos antécédents familiaux de calvitie.
L’examen comprend, selon la SFD et le manuel MSD :
- l’observation du cuir chevelu : densité, répartition, aspect de la peau (rougeur, squames, cicatrice), examen de la raie centrale ;
- le test de traction : le médecin tire doucement une mèche. Selon le manuel MSD, s’il vient plus de 4 à 6 cheveux en fin de cycle, une chute réactionnelle (effluvium télogène) est probable ;
- le regard sur les ongles, les sourcils, la pilosité, qui orientent par exemple vers une pelade ou un trouble hormonal.
Pour situer votre propre chute, rappelez-vous que perdre 50 à 100 cheveux par jour est normal, selon la SFD et le manuel MSD ; ce dernier ajoute que jusqu’à 250 cheveux peuvent tomber le jour d’un shampooing. Le dermatologue peut aussi prendre des photos standardisées du cuir chevelu pour suivre l’évolution, selon la SFD.
À l’issue, il vous dit de quel type de chute il s’agit, s’il faut un examen de plus, et ce qu’on peut en attendre. Les causes possibles sont détaillées dans notre guide sur les causes de la chute de cheveux.
Quel bilan sanguin est demandé ?
Il n’existe pas de bilan sanguin systématique : la prise de sang sert à confirmer ou écarter une cause évoquée par l’examen. Les dosages les plus souvent cités par la SFD et le manuel MSD portent sur le fer (dont la ferritine), la thyroïde, la vitamine D et la vitamine B12, et certaines hormones chez la femme.
| Dosage | Ce qu’il recherche | Dans quel cas, selon les sources |
|---|---|---|
| Fer, ferritine | Une carence en fer | Chute diffuse, chez l’homme comme chez la femme (SFD, MSD) |
| Hormones thyroïdiennes | Un trouble de la thyroïde | Chute diffuse (SFD, MSD) |
| Vitamine D, vitamine B12 | Une carence | Selon le contexte (SFD) |
| Testostérone et autres hormones | Un excès d’hormones mâles | Femme avec règles irrégulières (SFD), voix plus grave, acné ou pilosité de type masculin (MSD) |
Pour une calvitie typique (alopécie androgénétique), la SFD indique que les analyses de sang ne sont généralement pas nécessaires, le diagnostic étant clinique. Pour une pelade typique, non plus. À l’inverse, le manuel MSD demande de consulter rapidement en cas de signes d’une maladie générale, et, chez une femme, dès l’apparition de signes de masculinisation (voix plus grave, pilosité de type masculin, acné). La SFD cite aussi les règles irrégulières parmi les situations où un bilan hormonal peut être demandé.
Le bilan est prescrit par le médecin selon ce qu’il a trouvé : faire de soi-même un large « bilan cheveux » en laboratoire n’apporte rien sans examen clinique, et un chiffre isolé peut inquiéter à tort. Chez la femme, les pistes hormonales sont détaillées dans notre guide sur la chute de cheveux chez la femme.
Trichoscopie, trichogramme, biopsie, à quoi servent-ils ?
Ce sont trois examens de plus en plus poussés. La trichoscopie est un examen au dermatoscope, indolore, fait au cabinet. Le trichogramme analyse au microscope quelques dizaines de cheveux arrachés, en centre spécialisé. La biopsie prélève un petit fragment de cuir chevelu. Selon la SFD, les deux derniers sont réservés aux cas difficiles ou douteux.
La trichoscopie. Le dermatoscope est une loupe éclairée à fort grossissement. Selon la SFD, il montre des détails invisibles à l’œil nu : dans la calvitie, une variation de diamètre entre les cheveux ; dans la pelade, des signes qui confirment le diagnostic ; il aide aussi à distinguer des pellicules d’un psoriasis ou de lentes. L’examen ne fait pas mal et se fait pendant la consultation.
Le trichogramme. Selon la SFD, il consiste à prélever quelques dizaines de cheveux de plusieurs zones pour analyser leurs racines, mesurer leur diamètre et déterminer dans quelle phase de leur cycle ils se trouvent. Il confirme le diagnostic dans les cas difficiles et quantifie l’intensité de la chute. Il est proposé en centre spécialisé, en cas de doute, et pas en routine.
La biopsie du cuir chevelu. C’est le prélèvement d’un petit fragment de peau, analysé au microscope. La SFD la réserve aux cas complexes, et le manuel MSD aux situations où le diagnostic reste incertain.
D’autres examens ciblés existent : selon la SFD, en cas de doute sur une teigne, le médecin peut examiner le cuir chevelu sous lumière de Wood et faire un prélèvement à la recherche de champignons. Le manuel MSD cite aussi l’examen des cheveux au microscope pour repérer des anomalies de leur structure.
Est-ce remboursé ?
Oui, dans le cadre du parcours de soins. Selon l’Assurance maladie, au 6 octobre 2026, une consultation chez un médecin généraliste de secteur 1 coûte 30 €, remboursés 19 €. Un dermatologue de secteur 1 consulté sur orientation du médecin traitant facture 31,50 €, remboursés 20,05 €. Sans orientation, le remboursement tombe à 5,95 €.
| Situation (secteur 1) | Tarif | Remboursé par l’Assurance maladie |
|---|---|---|
| Médecin traitant généraliste | 30 € | 19 € |
| Dermatologue sur orientation du médecin traitant (suivi) | 31,50 € | 20,05 € |
| Dermatologue pour un avis ponctuel demandé par le médecin traitant | 60 € | 40 € |
| Dermatologue consulté hors parcours de soins | 26,50 € ou plus (majorations possibles) | 5,95 € |
Ces montants, tirés du site ameli, tiennent compte de la participation forfaitaire de 2 € retenue sur chaque consultation, qui ne s’applique pas aux moins de 18 ans, aux femmes enceintes à partir du 6e mois, ni aux bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l’AME. La complémentaire santé couvre tout ou partie du reste. En secteur 2, le médecin peut pratiquer des dépassements d’honoraires, qui restent à votre charge ou à celle de votre mutuelle selon le contrat.
Les examens prescrits suivent les taux habituels de l’Assurance maladie : 60 % pour les analyses de biologie (prise de sang) et 70 % pour les examens d’anatomie et de cytologie pathologiques, dont relève l’analyse d’une biopsie. Nous n’avons pas trouvé de tarif officiel publié pour le trichogramme : demandez le coût et le reste à charge avant de le faire.
Les traitements eux-mêmes ont leurs propres règles de prise en charge, présentées dans la rubrique traitements, par exemple pour le minoxidil.
Les bilans capillaires hors cabinet médical sont-ils fiables ?
Un « diagnostic capillaire » proposé gratuitement par un centre ou un vendeur n’est pas un diagnostic médical : seul un médecin peut l’établir et prescrire. Quant à l’oligoscopie, qui prétend mesurer les minéraux et métaux de l’organisme par spectrophotométrie à travers la peau de la main, aucune étude publiée ne montre qu’elle mesure ce qu’elle annonce, selon l’association de consommateurs Test-Achats.
Ce que disent les sources sérieuses consultées :
- l’oligoscopie par appareil posé sur la main : Test-Achats, association belge de consommateurs, dans un avis de 2015, conclut qu’il n’existe aucune étude montrant que l’appareil analyse de façon fiable ce qu’il prétend analyser, que le marquage CE ne dit rien de l’efficacité, et relève un conflit d’intérêts quand le fournisseur de l’appareil vend aussi les compléments conseillés ensuite ;
- l’analyse des minéraux dans les cheveux (minéralogramme capillaire) : une étude publiée en 2001 dans JAMA a envoyé un même échantillon de cheveux à six laboratoires commerciaux. Les résultats différaient de plus de dix fois pour 12 minéraux, et les auteurs ont conclu que ces analyses étaient non fiables et ne devaient pas servir à évaluer l’état nutritionnel d’une personne.
Aucune des sources médicales consultées (SFD, manuel MSD, Assurance maladie) ne cite ces techniques parmi les examens d’une chute de cheveux. Elles ne sont pas remboursées. Le vrai bilan d’une carence passe par une prise de sang prescrite par un médecin, après examen.
Avant tout achat de produit ou de complément conseillé à l’issue d’un « bilan » gratuit, mieux vaut en parler à son médecin ou à son pharmacien. Ce que l’on sait des compléments et des autres options est réuni dans la rubrique solutions.
Quand consulter sans attendre
Consultez pour une chute en plaques, une chute accompagnée de rougeur, de croûtes ou de douleur du cuir chevelu (une alopécie cicatricielle détruit le follicule de façon irréversible, selon la SFD), ou une chute associée à des signes de maladie générale. Chez la femme, le manuel MSD demande aussi de consulter dès l’apparition d’une voix plus grave, d’une pilosité de type masculin ou d’autres signes de masculinisation.
Questions fréquentes
Peut-on consulter un dermatologue directement, sans passer par son médecin traitant ?
Oui, c’est possible, mais le remboursement est réduit. Le dermatologue ne fait pas partie des spécialistes en accès direct listés par l’Assurance maladie. Hors parcours de soins, un dermatologue de secteur 1 n’est remboursé que 5,95 € au 6 octobre 2026, contre 20,05 € sur orientation du médecin traitant.
Une téléconsultation suffit-elle pour une chute de cheveux ?
Elle peut aider à orienter, mais l’examen du cuir chevelu, le test de traction et la trichoscopie demandent une consultation en présence. Selon l’Assurance maladie, l’avis ponctuel d’un spécialiste demandé par le médecin traitant ne peut d’ailleurs pas se faire en téléconsultation.
Faut-il arrêter ses soins capillaires avant la consultation ?
Les sources consultées ne donnent pas de consigne générale. Le plus utile est d’apporter la liste de vos médicaments, des produits utilisés sur le cuir chevelu et, si possible, des photos montrant l’évolution. En cas de trichogramme, le centre qui le réalise indique la préparation à suivre.
Le pharmacien peut-il aider en cas de chute de cheveux ?
Il peut conseiller sur les produits en vente libre, vérifier qu’un médicament que vous prenez n’est pas connu pour faire tomber les cheveux, et vous orienter vers un médecin. Il ne pose pas de diagnostic : une chute en plaques, rapide ou persistante relève d’une consultation.
Combien de temps faut-il attendre avant de consulter ?
Il n’y a pas de délai fixé par les sources. Une chute en plaques, une chute avec rougeur ou douleur du cuir chevelu, ou des signes de maladie générale justifient de consulter sans attendre, selon le manuel MSD et la SFD. Selon le manuel MSD, perdre plus de 100 cheveux par jour, en dehors d’un jour de shampooing, est anormal et mérite un avis.
Sources
- Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Tout savoir sur l’alopécie, ou chute de cheveux (Dr L. Ronjat, 14/04/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Connaître les examens et traitements de l’alopécie androgénétique (Dr L. Ronjat, mise à jour 10/04/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Tout savoir sur la pelade (Dr C. Cassius, Dr L. Ronjat, 01/08/2025) », consulté le 6 octobre 2026.
- Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Tout savoir sur les pellicules (Dr L. Ronjat, mise à jour 02/05/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- Manuel MSD (grand public), « Alopécie (chute de cheveux ou de poils) », consulté le 6 octobre 2026.
- Assurance maladie (ameli), « Consultations en métropole, vos remboursements (tarifs applicables au 1er janvier 2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- Assurance maladie (ameli), « Tableaux récapitulatifs des taux de remboursement », consulté le 6 octobre 2026.
- Test-Achats (association de consommateurs), « Réponse d’expert sur un appareil d’oligoscopie (01/08/2015) », consulté le 6 octobre 2026.
- JAMA, « Assessment of Commercial Laboratories Performing Hair Mineral Analysis (Seidel et al., 2001;285:67-72) », consulté le 6 octobre 2026.
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