Alopécie androgénétique chez l’homme, comprendre la calvitie
La calvitie touche un homme sur cinq dès 20 ans. Ce n’est pas une maladie, mais elle se freine mieux quand on la comprend tôt, et ses traitements ont des limites à connaître.

L’alopécie androgénétique est la calvitie héréditaire : sous l’effet d’une hormone dérivée de la testostérone, la DHT, les cheveux du dessus du crâne deviennent de plus en plus fins puis cessent de pousser. Elle commence en général par les golfes temporaux et le sommet du crâne, et épargne toujours la couronne de l’arrière et des côtés. Selon le Vidal, elle concerne environ 20 % des hommes à 20 ans, 30 % à 30 ans et 40 % à 40 ans. Deux traitements sont reconnus en France, le minoxidil et le finastéride, et ils n’agissent que tant qu’on les prend.
Qu’est-ce que l’alopécie androgénétique ?
L’alopécie androgénétique est une chute de cheveux progressive due à deux facteurs réunis : une prédisposition génétique et l’action des hormones mâles (androgènes) sur les follicules du dessus du crâne. La Société française de dermatologie la décrit comme une évolution normale et fréquente de la vie des cheveux, et précise que ce n’est pas une maladie.
Le mécanisme est connu. La testostérone est transformée en dihydrotestostérone (DHT) par une enzyme, la 5 alpha réductase. Selon la Société française de dermatologie, la DHT emballe le cycle du cheveu : chaque cycle est plus court, le cheveu qui repousse est plus fin et moins pigmenté. Un follicule ne disposant que d’environ 20 à 25 cycles, selon le Vidal, il finit par s’épuiser : le cheveu devient un duvet clair sans pouvoir couvrant, puis le follicule disparaît.
La preuve du rôle des hormones est ancienne : selon la même source, il n’y a jamais de calvitie chez les hommes privés d’androgènes, et la calvitie ne débute qu’après la puberté. Les cheveux de la couronne, à l’arrière et sur les côtés, sont programmés pour résister : c’est ce que le Vidal appelle « la couronne hippocratique des hommes chauves », et c’est aussi ce qui rend la greffe possible.
Le principal risque médical tient au soleil : le crâne dégarni n’est plus protégé, et la Société française de dermatologie rappelle que l’exposition solaire favorise certains cancers de la peau. Chapeau, casquette ou écran solaire sont donc recommandés.
Comment évolue-t-elle (échelle de Hamilton-Norwood) ?
La calvitie masculine suit un schéma reconnaissable : elle commence par le recul des golfes temporaux et par un éclaircissement du sommet du crâne (vertex), puis ces deux zones s’étendent jusqu’à se rejoindre. Les médecins la classent avec l’échelle de Hamilton, révisée par le médecin O’Tar Norwood en 1975, d’où son nom de Hamilton-Norwood.
Norwood a établi sa classification en observant 1 000 hommes adultes et en notant la fréquence de chaque stade selon l’âge ; son étude souligne que la calvitie continue d’évoluer avec le temps, même tard dans la vie. Les stades vont d’un léger recul de la ligne frontale jusqu’à une calvitie étendue où ne reste que la couronne.
Le manuel MSD décrit des évolutions très différentes d’un homme à l’autre : certains n’ont qu’un éclaircissement des tempes ou une petite tonsure, d’autres deviennent complètement chauves au sommet tout en gardant les cheveux sur les côtés et à l’arrière. Le Vidal précise que la calvitie peut toucher uniformément le dessus du crâne ou commencer par la tonsure ou les tempes.
Ce classement n’est pas qu’un outil descriptif. Il sert au dermatologue à suivre l’évolution, avec des photos standardisées prises la tête penchée en avant, et au chirurgien à juger si une greffe de cheveux est envisageable et jusqu’où la calvitie risque d’aller.
Est-elle héréditaire ?
Oui, en partie : le mot « androgénétique » associe les hormones (androgènes) et la génétique. Selon la Société française de dermatologie, on retrouve très souvent une chute de cheveux chez l’un des parents ou des grands-parents, mais la transmission n’est pas systématique et peut sauter une ou deux générations. Avoir un père chauve n’est donc ni une condamnation ni une garantie.
Le Vidal précise que la prédisposition se transmet notamment par le chromosome X, hérité de la mère. Regarder uniquement le père donne donc une image incomplète : la famille maternelle compte aussi. Le rôle de chaque parent est détaillé dans ce que les grandes études génétiques disent de la mère et du père.
L’hérédité explique la sensibilité des follicules, pas la date de début ni la vitesse. C’est pourquoi deux frères peuvent évoluer très différemment. Plusieurs idées reçues sur les causes sont en revanche fausses selon la Société française de dermatologie : la calvitie n’est due ni au port du casque ni à celui de la casquette, et le stress n’y joue qu’un rôle mineur, de l’ordre de 10 %, sur l’intensité ou la date de début de la chute.
Quels traitements ont fait leurs preuves ?
Deux médicaments sont reconnus contre la calvitie masculine : le minoxidil, appliqué sur le cuir chevelu, et le finastéride, en comprimé sur ordonnance. Selon la Société française de dermatologie, ils fonctionnent tant qu’on les utilise et cessent d’agir à l’arrêt. Aucun ne fait repousser à coup sûr : ils freinent la chute, parfois avec une repousse partielle.
Le minoxidil. Selon la Société française de dermatologie, il permet une repousse dans un tiers des cas, une stabilisation dans un autre tiers, et agit peu dans le dernier tiers. Il faut au moins 3 à 4 mois avant de juger son effet. La notice prévient qu’une augmentation passagère de la chute peut survenir au début et qu’à l’arrêt, les cheveux reviennent à leur état initial en 3 à 4 mois. Elle demande d’arrêter et de consulter en cas de douleur dans la poitrine, de cœur qui s’accélère, de vertiges, de prise de poids soudaine ou de gonflement des mains et des pieds, et d’éviter tout contact des enfants avec les zones traitées. Voir notre guide sur le minoxidil.
Le finastéride. Il bloque la transformation de la testostérone en DHT. Selon la Société française de dermatologie, il permet un maintien de la chevelure dans 80 % des cas et une petite repousse dans 40 % des cas, avec une efficacité maximale après un an de prise. La notice du finastéride, qui s’appuie sur des essais de 5 ans portant sur la calvitie du sommet du crâne, donne des taux plus élevés, détaillés dans le guide sur le finastéride. L’ANSM a renforcé à plusieurs reprises ses mises en garde : il peut entraîner des troubles sexuels (baisse de la libido, troubles de l’érection et de l’éjaculation) et des troubles psychiatriques (anxiété, dépression, pensées suicidaires susceptibles de conduire au suicide). En cas de changement d’humeur, l’ANSM demande d’arrêter immédiatement le traitement et de consulter, et de rester attentif même après l’arrêt, car certains effets peuvent apparaître tardivement. Elle conseille aussi de signaler au médecin un projet d’enfant, en raison d’un possible effet sur la fertilité. Le manuel MSD ajoute que le finastéride fait baisser le dosage du PSA, utilisé dans le dépistage du cancer de la prostate. Depuis le 16 avril 2026 pour un premier traitement, et le 16 juin 2026 pour les patients déjà traités, une attestation d’information partagée, signée chaque année par le médecin et le patient, est obligatoire pour l’obtenir en pharmacie. Voir notre guide sur le finastéride.
Les autres techniques sont moins établies. La Société française de dermatologie estimait en 2019 que le laser et le plasma riche en plaquettes n’avaient pas démontré suffisamment d’efficacité pour être recommandés ; le manuel MSD cite la photothérapie laser parmi les options. La greffe est réservée aux calvities stabilisées. Le choix se fait avec un médecin : voir consulter un dermatologue.
À quel âge commence-t-elle ?
La calvitie masculine ne commence jamais avant la puberté, puisqu’elle dépend des hormones mâles. Selon la Société française de dermatologie, elle peut débuter dès la puberté dans ses formes sévères, mais elle est plus fréquente autour de 40 ans. Selon le manuel MSD, sa fréquence augmente ensuite avec l’âge.
Les chiffres varient un peu selon les sources, mais ils racontent la même progression :
| Âge | Vidal et Santé.fr | Société française de dermatologie |
|---|---|---|
| 20 ans | 20 % des hommes | environ 15 % |
| 30 ans | 30 % | 30 % |
| 40 ans | 40 % | non précisé |
| 50 ans | non précisé | un homme sur deux |
Le Vidal précise que ses chiffres concernent la population européenne. L’âge compte aussi pour la chirurgie : selon la Société française de dermatologie, une greffe avant 25 ans est exceptionnelle, car on ne sait pas encore jusqu’où ira la calvitie.
Chez un homme jeune, toute chute n’est pas une calvitie. L’ANSM rappelle qu’elle peut venir d’un stress (examens, soucis familiaux ou professionnels), d’une carence en fer ou en vitamines, d’une maladie ou d’un médicament. Notre guide sur les causes de la chute de cheveux aide à faire la différence.
Que faire au quotidien quand on se dégarnit ?
Au quotidien, trois gestes simples aident sans rien promettre : protéger le crâne du soleil, éviter la chaleur forte et les tractions sur les cheveux, et continuer les shampooings. Selon la Société française de dermatologie, se laver les cheveux n’aggrave pas la calvitie, et le volume obtenu masque même les zones clairsemées.
La même source déconseille un sèche-cheveux très chaud tenu trop près de la tête et les coiffures qui tirent sur les racines. Elle classe en revanche parmi les idées reçues les massages du crâne, le rasage pour « faire repousser plus dru » ou la coupe à la pleine lune : aucun n’a fait ses preuves.
Il n’existe pas de shampooing réellement antichute, quoi qu’en dise l’étiquette, selon la Société française de dermatologie. Pour une calvitie étendue, les compléments capillaires et la dermopigmentation sont des solutions de camouflage, sans effet sur la chute elle-même. L’ensemble des options est présenté dans la rubrique solutions.
Quand consulter sans attendre
Si la chute est brutale, diffuse sur tout le crâne ou se fait en plaques, elle ne ressemble pas à une calvitie, qui progresse lentement sur le dessus de la tête, et un médecin doit en chercher la cause. Sous finastéride, l’ANSM demande d’arrêter immédiatement le traitement et de consulter en cas de tristesse, d’anxiété ou de difficulté à se concentrer ; en cas de pensées suicidaires, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide. Un gonflement du visage ou une difficulté à respirer impose d’appeler les urgences.
Questions fréquentes
Le finastéride est-il remboursé ?
Non. Au 6 octobre 2026, la base publique des médicaments indique pour le finastéride 1 mg un prix libre et un médicament non remboursable. Le minoxidil 2 % en lotion n’est pas remboursé non plus.
Peut-on donner son sang sous finastéride ?
Non. La Société française de dermatologie indique que les hommes traités ne doivent pas donner leur sang, qui pourrait être transfusé à une femme enceinte : le finastéride expose à des anomalies de formation du fœtus, et l’ANSM précise qu’il s’agit d’un risque de malformation des organes génitaux des garçons.
Une femme peut-elle toucher des comprimés de finastéride ?
L’ANSM indique que les femmes enceintes ou susceptibles de l’être ne doivent jamais manipuler des comprimés cassés ou écrasés de finastéride, en raison d’un risque de malformation des organes génitaux des garçons. Le médicament doit rester hors de portée des autres personnes du foyer.
La calvitie peut-elle s’arrêter seule ?
Elle ne disparaît pas, mais sa vitesse varie beaucoup d’un homme à l’autre. L’étude de Norwood montre qu’elle continue de progresser avec l’âge, même tard. Les traitements la freinent tant qu’on les prend.
À quel moment juger un traitement ?
La Société française de dermatologie conseille de revoir le dermatologue après trois mois pour une première estimation, puis tous les six mois, puis chaque année. L’ANSM demande une réévaluation du finastéride au moins tous les 3 à 6 mois.
Sources
- Société française de dermatologie (dermato-info.fr), « Tout savoir sur l’alopécie », consulté le 6 octobre 2026.
- Vidal, « L’alopécie androgénétique », consulté le 6 octobre 2026.
- Vidal, « Chute de cheveux : symptômes, causes, traitements et prévention », consulté le 6 octobre 2026.
- Southern Medical Journal (revue indexée), Norwood, 1975, « Male pattern baldness : classification and incidence », consulté le 6 octobre 2026.
- Manuel MSD, version grand public, « Alopécie (chute de cheveux ou de poils) », consulté le 6 octobre 2026.
- ANSM, « Information pour les patients traités par finastéride 1 mg (mis à jour le 05/02/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- Base de données publique des médicaments, « Minoxidil 2 %, solution pour application cutanée : notice et résumé des caractéristiques », consulté le 6 octobre 2026.
- Santé.fr (service public d’information en santé), « Chute de cheveux », consulté le 6 octobre 2026.
- Base de données publique des médicaments, « Résumé des caractéristiques du produit d’un finastéride 1 mg, comprimé pelliculé (générique) », consulté le 6 octobre 2026.
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