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Chute de cheveux et chimiothérapie, ce qu’il faut savoir

Perdre ses cheveux est l’un des effets les plus redoutés d’une chimiothérapie. Savoir à quoi s’attendre, et ce qui peut limiter la chute, aide à s’y préparer.

Mis à jour le 6 octobre 20268 sources citéesRédaction de Bulbe, vérifié par un second rédacteur

Patiente coiffée d'un foulard à pois, installée dans un lit d'hôpital sous perfusion.
Photo Ivan S, Pexels

Toutes les chimiothérapies ne font pas tomber les cheveux : cela dépend des médicaments, de la dose, du nombre de cures et de la personne. Quand elle survient, la chute commence en général 15 jours à 3 semaines après la première perfusion, selon l’Institut national du cancer (INCa), et touche souvent cils, sourcils et poils. Elle est temporaire dans la grande majorité des cas : la repousse démarre environ 6 à 8 semaines après la fin du traitement. Un casque réfrigérant peut limiter la chute avec certains protocoles, et la perruque est remboursée sur prescription.

Toutes les chimiothérapies font-elles tomber les cheveux ?

Non. L’INCa le dit clairement : tous les médicaments de chimiothérapie n’entraînent pas une chute des cheveux, et le médecin prévient le patient du risque pour qu’il puisse s’y préparer. Les médicaments qui la provoquent attaquent les cellules qui se divisent vite, dont celles du bulbe pileux. Parmi elles, l’INCa cite les taxanes et les anthracyclines.

Selon l’INCa, l’importance de la chute dépend de plusieurs éléments :

  • le médicament ou l’association de médicaments employés ;
  • la dose administrée ;
  • le nombre de cures ;
  • la qualité des cheveux et l’âge de la personne.

L’INCa cite comme exemples de chimiothérapies conventionnelles qui font tomber les cheveux celles à base de taxanes (paclitaxel, docétaxel) et d’anthracyclines (doxorubicine, épirubicine).

Une chute qui n’a rien à voir avec un traitement suit d’autres mécanismes, décrits dans notre guide sur les causes de la chute de cheveux.

Les autres traitements du cancer agissent différemment. Certaines thérapies ciblées, immunothérapies et hormonothérapies peuvent provoquer une chute partielle, avec des cheveux qui s’éclaircissent, deviennent plus fins, secs ou frisés. Selon l’INCa, elles ne provoquent qu’exceptionnellement une chute totale, et la chute survient tard, après 3 à 4 mois de traitement, surtout aux tempes et au sommet de la tête.

La radiothérapie ne fait tomber les cheveux que si la tête est dans le champ des rayons. La chute est alors limitée à la zone irradiée, et peut être temporaire ou définitive selon la dose reçue.

Un point mérite d’être retenu : selon l’INCa, la chute des cheveux n’est liée ni à l’efficacité du traitement ni à la gravité de la maladie. Garder ses cheveux ne veut pas dire que le traitement marche moins bien.

Quand la chute commence-t-elle ?

Avec une chimiothérapie qui fait tomber les cheveux, la chute commence en général 2 à 3 semaines après le début du traitement, parfois dès la première séance, selon l’INCa. Elle se poursuit au fil des cures, de façon brutale ou progressive selon les molécules et les doses. Les cils et sourcils tombent souvent un peu après les cheveux.

Ce qui se passe, d’après l’INCa :

  • avant la chute, le cuir chevelu peut devenir sensible, douloureux ou parcouru de picotements pendant quelques jours ;
  • pendant les cures, les cheveux tombent par vagues, à mesure que les séances se succèdent ;
  • les poils du corps, dont les poils pubiens, peuvent tomber aussi ; ils repoussent à l’arrêt du traitement ;
  • les cils peuvent tomber provisoirement : sans eux, les yeux s’irritent plus facilement à la poussière, et l’INCa conseille des lunettes, le médecin pouvant prescrire un collyre.

Avec une thérapie ciblée ou une hormonothérapie, le calendrier est différent : l’INCa décrit une chute plus tardive, après 3 à 4 mois de traitement, et partielle. Avec une radiothérapie de la tête, la chute commence 15 jours à 3 semaines après la première séance.

Selon le guide de l’INCa sur la chute des cheveux, il est souvent conseillé de couper les cheveux court avant la chute : cela peut retarder la chute de quelques jours, accroître l’efficacité du casque s’il est utilisé, et rendre la perte moins difficile à vivre. Raser ce qui reste quand trop de cheveux sont tombés est un choix personnel ; certaines personnes disent en être soulagées, d’autres le regrettent.

Le casque réfrigérant, pour qui et avec quels résultats ?

Le casque réfrigérant est un bonnet glacé porté pendant la perfusion. Le froid réduit l’afflux de sang dans le cuir chevelu, donc la quantité de médicament qui atteint les cellules des cheveux. Selon l’INCa, il peut être proposé selon le traitement et en l’absence de contre-indication, et son efficacité varie selon le médicament et la personne.

Pour qui ? L’équipe soignante décide, selon le type de cancer, le protocole et ses habitudes. Le guide de l’INCa (édition d’avril 2009) précise que le casque peut être contre-indiqué dans certains cancers (certaines leucémies, tumeurs ou métastases du cuir chevelu), et qu’il est inopérant pour les chimiothérapies données en continu par pompe ou par voie orale. Quand il n’est pas contre-indiqué, le même guide estime que le patient doit pouvoir en bénéficier.

Comment ? Selon l’INCa, il est posé 10 à 15 minutes avant la perfusion sur cheveux mouillés, changé régulièrement pour rester froid, et retiré environ 30 minutes après la fin.

Quels résultats ? Deux études publiées en février 2017 dans la revue JAMA, chez des femmes traitées pour un cancer du sein, ont été résumées par le Vidal :

  • dans un essai randomisé de 186 patientes, environ une femme sur deux sous casque avait gardé ses cheveux après 4 cures (48 sur 95 évaluées), contre aucune sans casque ;
  • dans une étude de 106 patientes, deux tiers des femmes sous casque avaient perdu la moitié de leurs cheveux ou moins, contre aucune dans le petit groupe témoin.

Une étude publiée en 2018 dans Breast Cancer Research and Treatment a aussi observé, après un traitement par docétaxel à forte dose cumulée (400 mg/m² ou plus, c’est-à-dire 400 mg par mètre carré de surface corporelle), une chute persistante nécessitant une perruque, au moins 18 mois après la fin de la chimiothérapie, chez environ 10 % des patientes, et aucun cas de ce type parmi 120 patientes protégées par le casque. La partie sur le casque vient d’un seul centre et demande confirmation.

Les inconvénients : froid intense, maux de tête, douleurs aux yeux ou à la nuque, qui font renoncer certaines personnes, selon l’INCa. Couvrir son cou, porter un vêtement chaud et des chaussettes aide. Le casque allonge aussi la durée de la séance.

Quand et comment les cheveux repoussent-ils ?

Après une chimiothérapie, la chute est temporaire et réversible dans la grande majorité des cas. Selon l’INCa, les cheveux recommencent à pousser environ 6 à 8 semaines après la fin du traitement, et repoussent en général dans les 3 à 6 mois qui suivent. Le guide de l’INCa compte environ un centimètre par mois. Ils sont souvent différents au début.

Ce que décrit l’INCa sur la repousse :

  • l’aspect change souvent : cheveux plus fins, plus raides ou plus frisés, plus clairs ou plus foncés, blanchis ou au contraire sans cheveux blancs. Ces changements sont habituellement temporaires et la chevelure retrouve sa nature en quelques mois ;
  • la repousse peut démanger ;
  • les cils, sourcils et poils repoussent comme les cheveux, quelques mois après l’arrêt ;
  • certains traitements retardent la repousse : corticoïdes à forte dose, hormonothérapie, interféron, cite le guide de l’INCa.

Pendant les 12 premiers mois de repousse, l’INCa conseille d’éviter teintures, permanentes, brushings, défrisages et nattes serrées. Pour une coloration, il recommande des teintures végétales, à 4 mois de distance des traitements.

Les cas de repousse incomplète existent mais restent rares, selon le guide de l’INCa. Ils concernent surtout la radiothérapie du cuir chevelu, qui peut entraîner une chute définitive selon la dose, et certains protocoles comme le docétaxel à forte dose cumulée, d’après l’étude de 2018 citée plus haut. Si, plusieurs mois après la fin du traitement, les cheveux ne repoussent pas ou mal, il faut en parler à l’oncologue ou à un dermatologue (voir notre guide quel médecin consulter pour une chute de cheveux).

Comment ménager ses cheveux pendant le traitement ?

Quelques gestes simples peuvent limiter la casse, selon l’INCa : ne pas se brosser les cheveux le jour de la cure, puis, pendant les 8 jours qui suivent, les laver à l’eau tiède avec peu de shampooing doux, les sécher à l’air libre ou à basse température, et utiliser une brosse souple. Entre les cures, mieux vaut éviter teintures et brushings.

MomentCe que conseille l’INCa
Jour de la cureNe pas se brosser ; casque réfrigérant si l’équipe le propose
8 jours suivantsEau tiède, faible dose de shampooing doux, séchage à l’air ou à basse température, brosse souple ou peigne à larges dents
Entre les curesPas de teinture, mise en plis, brushing ni permanente
12 premiers mois de repoussePas de teinture chimique, permanente, défrisage ; teinture végétale à 4 mois des traitements

Le guide de l’INCa précise que ces conseils n’ont pas été validés par des études : ils ont aidé certains patients sans présenter de danger. Ils ne remplacent pas le casque quand il est indiqué, et ils n’empêchent pas la chute provoquée par un médicament qui la cause.

Pour les cils et sourcils, l’INCa mentionne un pain de glace enveloppé dans une charlotte, posé sur les yeux pendant la séance ; il n’est pas toujours fourni par l’hôpital. Le froid peut être mal supporté. Aucun produit vendu pour « protéger » les cheveux pendant une chimiothérapie n’a fait ses preuves dans les sources consultées.

Perruque, foulard, quelles aides ?

La perruque, ou prothèse capillaire, est remboursée par l’Assurance maladie sur prescription médicale, renouvelable chaque année, si elle est vendue par un professionnel agréé. Foulards, turbans et bonnets sont aussi pris en charge en partie. Des soins de socio-esthétique, souvent gratuits, et un numéro national d’information aident à traverser cette période.

Le remboursement, selon ameli au 6 octobre 2026 :

  • une perruque synthétique de classe 1, vendue au plus 350 €, est prise en charge intégralement par l’Assurance maladie et la complémentaire santé ;
  • les classes supérieures (part de cheveux naturels plus grande) ont une base de remboursement de 350 € et un prix plafonné, sauf la classe 4 ;
  • trois accessoires textiles par an (foulard, bonnet) sont pris en charge, avec une base de 20 € et un prix maximal de 40 €.

Le détail des classes et des démarches est dans notre guide sur le remboursement de la perruque médicale.

Choisir sa perruque : l’INCa conseille de prévoir environ une heure d’essayage, de se faire accompagner, de comparer les prix et de ne pas céder à la pression commerciale. L’acheter avant la chute permet de choisir un modèle proche de sa coiffure ; attendre évite un achat inutile si les cheveux sont préservés. Les personnes à la Complémentaire santé solidaire ou à l’AME n’avancent pas la part prise en charge.

Les autres aides :

  • la socio-esthétique : la Ligue contre le cancer indique que ses comités départementaux ont financé en 2024 ces soins pour 25 854 personnes, gratuitement, avec conseils de maquillage correcteur, dessin des sourcils et gestion de la perte des cheveux ;
  • certains hôpitaux disposent d’un espace de soins esthétiques ou de perruques données par d’anciens patients, selon l’INCa ;
  • Cancer Info, le service de l’INCa, répond au 0 805 123 124 (appel gratuit) ;
  • l’équipe soignante et l’assistante sociale peuvent orienter vers des aides financières.

Rester tête nue, porter un foulard ou une perruque, alterner selon les jours : l’INCa insiste sur le fait que le choix est personnel. D’autres solutions sont présentées dans la rubrique solutions.

Quand consulter sans attendre

Signalez à l’équipe d’oncologie des douleurs du cuir chevelu importantes, une plaie, ou des yeux très irrités après la chute des cils, l’INCa indiquant qu’un collyre peut être prescrit. Si les cheveux ne repoussent pas ou très mal plusieurs mois après la fin du traitement, demandez un avis à l’oncologue ou à un dermatologue. Et si la perte de cheveux pèse sur le moral, l’équipe soignante peut orienter vers un soutien psychologique ou socio-esthétique.

Questions fréquentes

Peut-on prendre du minoxidil pour éviter la chute pendant une chimiothérapie ?

Aucune des sources officielles consultées (INCa, Assurance maladie) ne le recommande pour prévenir la chute due à la chimiothérapie. Tout médicament pris pendant un traitement du cancer doit être discuté avec l’oncologue, qui connaît les interactions et le protocole.

Le casque réfrigérant est-il remboursé ou payant pour le patient ?

Le casque est utilisé à l’hôpital pendant la séance, quand l’équipe le propose. Les sources consultées ne mentionnent pas de facturation au patient, mais elles n’en précisent pas non plus le financement : le plus simple est de poser la question à l’équipe soignante avant la première cure.

Les cheveux repoussent-ils de la même couleur après une chimiothérapie ?

Pas toujours au début. L’INCa décrit des cheveux qui repoussent plus clairs ou plus foncés, blanchis ou sans cheveux blancs, plus raides ou plus frisés. Ces changements sont habituellement temporaires et la chevelure retrouve sa nature antérieure en quelques mois.

Faut-il se raser la tête avant la chimiothérapie ?

Ce n’est pas obligatoire. Le guide de l’INCa conseille souvent une coupe courte avant la chute, et laisse le choix de raser ce qui reste quand trop de cheveux sont tombés. Il suggère de confier ce geste à un coiffeur ou au prothésiste capillaire lors de l’achat d’une perruque, ou de le faire en privé si on préfère.

Les hommes ont-ils droit au remboursement de la perruque ?

Oui. Selon ameli, la prise en charge concerne les adultes et les enfants qui perdent leurs cheveux à cause d’une maladie ou de son traitement, comme la chimiothérapie, sans distinction de sexe. Il faut une prescription médicale et un achat chez un professionnel agréé.

Sources

  1. Institut national du cancer (INCa), « Chimiothérapie, la chute des cheveux (alopécie) et troubles cutanés (mis à jour le 10/10/2019) », consulté le 6 octobre 2026.
  2. Institut national du cancer (INCa), « Pourquoi les traitements font tomber les cheveux (mis à jour le 01/07/2024) », consulté le 6 octobre 2026.
  3. Institut national du cancer (INCa), « Traitements du cancer et chute des cheveux, guide Cancer Info (édition avril 2009) », consulté le 6 octobre 2026.
  4. Institut national du cancer (INCa), « Perruque, comment la choisir et l’entretenir (mis à jour le 01/07/2024) », consulté le 6 octobre 2026.
  5. Assurance maladie (ameli), « Prise en charge des perruques et accessoires capillaires », consulté le 6 octobre 2026.
  6. Vidal, « Chimiothérapie et chute de cheveux, deux études confirment l’intérêt du port d’un casque réfrigérant (2017) », consulté le 6 octobre 2026.
  7. Breast Cancer Research and Treatment, « Persistent major alopecia following adjuvant docetaxel for breast cancer, incidence, characteristics, and prevention with scalp cooling (M. Martín et al., 2018) », consulté le 6 octobre 2026.
  8. Ligue contre le cancer, « L’importance de la socio-esthétique comme accompagnement (25/09/2025) », consulté le 6 octobre 2026.

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