Bulbe

Cheveu tombé avec un bulbe blanc, repousse-t-il ?

Vous avez regardé un cheveu tombé et vu un petit point blanc à son extrémité, ou rien du tout. Voici ce que cela signifie vraiment, et ce qui doit amener à consulter.

Publié le 6 octobre 202610 sources citéesRédaction de Bulbe

Gros plan sur une chevelure brune, mèche par mèche.
Photo https://kaboompics.com/, Pexels

Oui, dans la grande majorité des cas. Le petit renflement blanc au bout d’un cheveu tombé est la base d’un cheveu en phase télogène, la phase de repos qui précède la chute : cette base s’est kératinisée et a perdu son pigment. Le follicule, lui, reste dans le cuir chevelu et prépare le cheveu suivant. Un cheveu qui tombe sans aucun bulbe s’est le plus souvent cassé le long de la tige. Ce n’est donc pas le bulbe qui doit inquiéter, mais la quantité de cheveux perdus, leur finesse et la forme de la chute.

Que signifie le petit bulbe blanc au bout d’un cheveu tombé ?

Le petit bulbe blanc est la base d’un cheveu arrivé en fin de cycle. Pendant sa phase de repos, qui dure quelques mois, cette base se kératinise et perd son pigment, puis le cheveu est expulsé du follicule. C’est la signature d’une chute normale, pas celle d’une racine arrachée ou morte.

Chaque cheveu vit un cycle en trois temps. Selon le cours du Collège des enseignants de dermatologie, la phase de croissance (anagène) dure de 3 à 6 ans, la phase d’involution (catagène) environ 3 semaines, puis la phase de repos (télogène) dure 2 à 6 mois. Pendant ce repos, explique la Revue médicale de Bruxelles, le cheveu se kératinise entièrement, puis il est expulsé du cuir chevelu.

C’est exactement ce que l’on voit au bout d’un cheveu tombé. Les dermatologues décrivent le cheveu télogène par un bulbe kératinisé, dépigmenté, en massue. Dépigmenté veut dire sans couleur : d’où ce point blanc ou translucide, même sur un cheveu très brun. En anglais, on parle d’ailleurs de « club hair », le cheveu en massue, à cause de cette forme. Ce point blanc n’a rien à voir avec les cheveux blancs : il vient de la base du cheveu au repos, quelle que soit la couleur de la tige.

Un cheveu encore en croissance a un aspect différent : la même revue décrit des bulbes foncés, entourés de gaines translucides. Une chute de cheveux en pleine croissance relève d’autres causes : le cours de dermatologie la rattache surtout aux chimiothérapies et à certains toxiques.

Un cheveu qui tombe sans bulbe, est-ce une casse ?

Le plus souvent, oui. Un cheveu sans renflement à sa base, avec un bout net, effiloché ou fourchu, s’est rompu quelque part le long de la tige, et sa racine est restée en place. Une revue de dermatologie cosmétique décrit cette usure de la tige : brossage, lissage, permanente, coloration ou soleil soulèvent la cuticule (l’enveloppe du cheveu), le cheveu perd sa résistance et finit par se rompre.

Les mêmes auteurs rappellent que la tige est une structure non vivante : ses dégâts ne se réparent pas, mais tant que le follicule n’est pas atteint, les cheveux se renouvellent entièrement en repoussant. Si vos cheveux cassent après une teinture ou une décoloration, voyez comment distinguer une casse due à la coloration d’une vraie chute.

Une exception se voit seulement au microscope. Un cheveu au bout effilé, pointu, sans bulbe ni gaine, peut être un cheveu « dystrophique », dont la croissance s’est bloquée brusquement, par exemple sous chimiothérapie ou au cours d’une pelade. Ce n’est pas le cas des quelques cheveux cassés que l’on retrouve sur un pull.

Le follicule est-il mort quand le cheveu tombe avec sa racine ?

Non. Ce qui tombe avec le cheveu n’est pas le follicule, mais l’extrémité kératinisée de la tige. Le follicule est une petite poche de la peau qui reste en place. Sa partie haute abrite des cellules souches, dans une zone appelée « bulge », que la Revue médicale de Bruxelles décrit comme la portion permanente du follicule : c’est d’elle que repart un nouveau cycle. Les cheveux qui tombent avec la racine sont donc, dans l’immense majorité, des cheveux remplacés.

DermNet, la base dermatologique néo-zélandaise, le formule autrement : lors d’une chute réactionnelle, ce sont les nouveaux cheveux qui poussent sous la peau qui chassent les anciens cheveux en massue. Voir beaucoup de bulbes blancs quelques mois après un choc est donc plutôt le signe que la repousse est déjà en route. Couper court ne protège pas davantage ce follicule : voyez pourquoi couper ses cheveux ne change rien à la racine.

Deux nuances tout de même. Un follicule n’a pas une vie illimitée : selon le Vidal, il produit 20 à 25 cycles avant de s’épuiser. Dans la calvitie héréditaire, les cycles s’accélèrent et, selon la revue bruxelloise, les cheveux repoussent de plus en plus courts et fins, jusqu’à devenir un duvet ; le bulbe tombé reste blanc, mais le cheveu suivant est plus maigre. Enfin, certaines maladies du cuir chevelu détruisent le follicule (on parle d’alopécie cicatricielle) : elles se repèrent à l’aspect de la peau, pas au bout des cheveux.

Voir beaucoup de bulbes blancs, est-ce une chute anormale ?

Le Vidal situe la perte normale entre 50 et 100 cheveux par jour, sur une chevelure de 100 000 à 150 000 cheveux, et parle de chute anormale au-delà de 100 par jour. Le cours de dermatologie donne une fourchette plus large, de 30 à 150 cheveux par jour, en insistant sur les écarts d’une personne à l’autre. Le détail de combien de cheveux on perd normalement chaque jour, et de ce qui fait varier ce chiffre, est dans notre guide des causes.

Des cheveux qui tombent avec bulbe blanc, c’est donc le cas général, et c’est logique : d’après la Revue médicale de Bruxelles, 15 à 20 % des cheveux sont au repos (en phase télogène) à un moment donné, contre 80 à 85 % en croissance. La chute de cheveux avec bulbe est la chute ordinaire. La Société française de dermatologie rappelle aussi que, chez la femme, la chute varie avec les saisons, plus forte au printemps et surtout en automne.

Ce qui change la donne, c’est une chute brutale et abondante, qui survient en général 2 à 4 mois après un événement marquant (forte fièvre, accouchement, opération, régime strict) selon DermNet. C’est l’effluvium télogène, cette chute qui suit un choc : le Vidal précise qu’elle dure le plus souvent trois à quatre mois et qu’elle est suivie d’une repousse complète.

Quand ce que l’on voit sur ses cheveux tombés justifie-t-il une consultation ?

Le bulbe seul ne dit presque rien. Ce qui doit amener à consulter, c’est la durée, l’abondance et la forme de la chute, ainsi que l’état du cuir chevelu. Concrètement :

  • une chute nettement supérieure à 100 cheveux par jour qui dure plusieurs semaines ;
  • une chute qui se prolonge au-delà de 3 à 6 mois : le cours de dermatologie prévoit alors une prise de sang (numération, ferritine, TSH) pour chercher un manque de fer ou un trouble de la thyroïde ;
  • des plaques sans cheveux, ou un cuir chevelu rouge, qui pèle ou porte des croûtes ;
  • des cheveux qui s’affinent et une raie qui s’élargit ;
  • beaucoup de cheveux cassés courts, surtout chez un enfant, chez qui le cours de dermatologie évoque d’abord une teigne (voir la teigne et les autres causes de chute chez l’enfant).

En consultation, le dermatologue fait souvent un test de traction : il tire doucement une trentaine de cheveux, et selon la Société française de dermatologie, seuls un ou deux doivent venir. Il peut aussi regarder le cuir chevelu au dermatoscope. Le trichogramme, qui compte au microscope les cheveux de chaque phase, est réservé à des cas particuliers : le cours de dermatologie juge qu’il n’a pas d’intérêt en pratique courante. Notre guide détaille ce que montrent le trichogramme et la trichoscopie.

Quand consulter sans attendre

Si la chute dure plus de 3 à 6 mois, le cours de dermatologie prévoit une prise de sang pour chercher un manque de fer ou un trouble de la thyroïde. Voyez un médecin plus vite en cas de plaques sans cheveux, de cuir chevelu rouge, squameux ou croûteux, de nombreux cheveux cassés chez un enfant (teigne possible), ou si la chute s’accompagne de signes d’une maladie générale, que le manuel MSD demande de montrer rapidement à un médecin. Chez une femme, une voix qui devient plus grave, une pilosité de type masculin, des règles irrégulières ou de l’acné apparus avec la chute justifient, selon le même manuel, de consulter dès leur apparition.

Questions fréquentes

Un cheveu qui tombe avec un bulbe foncé, est-ce grave ?

Un bulbe foncé, entouré d’une petite gaine translucide, est celui d’un cheveu en pleine croissance. Il se voit surtout sur un cheveu arraché, par exemple en démêlant un nœud. Si des cheveux à bulbe foncé tombent seuls et en nombre, sans avoir été tirés, c’est inhabituel et mérite un avis médical.

La perte de cheveux avec bulbe blanc chez la femme a-t-elle des causes particulières ?

Les cheveux tombés ont le même aspect chez l’homme et chez la femme. Chez la femme, la Société française de dermatologie cite une chute réactionnelle à partir de la sixième semaine après l’accouchement, et parmi les causes de chute diffuse un manque de fer, fréquent, ou un trouble de la thyroïde. Seul un médecin peut faire la part des choses, parfois avec une prise de sang.

Arracher un cheveu avec son bulbe l’empêche-t-il de repousser ?

Un cheveu arraché de temps en temps repousse, car le follicule reste en place. En revanche, une traction répétée pendant des mois, par une coiffure très serrée ou un arrachage compulsif, peut finir par détruire les follicules : DermNet décrit ce passage à une perte définitive dans l’alopécie de traction.

Faut-il garder ses cheveux tombés pour les montrer au médecin ?

Ce n’est pas nécessaire. Le dermatologue juge surtout sur l’interrogatoire, l’examen du cuir chevelu et le test de traction. En revanche, noter depuis quand la chute a commencé et ce qui s’est passé dans les mois précédents (fièvre, accouchement, régime, nouveau médicament) l’aide beaucoup.

Sources

  1. Revue médicale de Bruxelles (F. de Thier, service de dermatologie, CHU Brugmann), « Les pathologies du cheveu : intérêt des examens microscopiques du cheveu (2004) », consulté le 6 octobre 2026.
  2. Revue médicale de Bruxelles (J.J. Stene, service de dermatologie, CHU Saint-Pierre), « La physiologie du cheveu (2004) », consulté le 6 octobre 2026.
  3. Collège des enseignants de dermatologie de France (UNESS), « Item 288 : Troubles des phanères, alopécie », consulté le 6 octobre 2026.
  4. DermNet (Nouvelle-Zélande), « Telogen effluvium », consulté le 6 octobre 2026.
  5. DermNet (Nouvelle-Zélande), « Traction alopecia », consulté le 6 octobre 2026.
  6. Vidal, « Chute de cheveux : symptômes, causes, traitements et prévention », consulté le 6 octobre 2026.
  7. Vidal, « Les chutes de cheveux diffuses passagères », consulté le 6 octobre 2026.
  8. Société française de dermatologie (dermato-info.fr), « Tout savoir sur l’alopécie », consulté le 6 octobre 2026.
  9. Manuel MSD, version grand public, « Alopécie (chute de cheveux ou de poils) », consulté le 6 octobre 2026.
  10. Cosmetic Dermatology (F. Osório, A. Tosti), « Hair Weathering, Part 2 : Clinical Features, Diagnosis, Prevention, and Treatment (2011) », consulté le 6 octobre 2026.

Autres questions

Cet article informe ; il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre dermatologue ou de votre pharmacien. Comment nous écrivons.