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Chute de cheveux après un accouchement, ce qui est normal

Voir ses cheveux tomber par poignées quelques semaines après une naissance est impressionnant. C’est pourtant une chute attendue, qui s’arrête et repousse seule dans la grande majorité des cas.

Mis à jour le 6 octobre 202611 sources citéesRédaction de Bulbe, vérifié par un second rédacteur

Jeune mère près d'une fenêtre, son nouveau-né endormi contre elle.
Photo Helena Lopes, Pexels

Après un accouchement, une chute de cheveux diffuse est normale et passagère. Selon la Société française de dermatologie, elle s’observe à partir de la sixième semaine après la naissance, un peu plus tard en cas d’allaitement. Le Vidal indique qu’elle dure 3 à 4 mois et qu’elle est suivie d’une repousse complète, sans traitement. Il s’agit d’un effluvium télogène : beaucoup de cheveux s’arrêtent de pousser en même temps, puis tombent ensemble. Une chute qui se prolonge, des plaques ou des signes inhabituels dans les mois qui suivent la naissance justifient en revanche un avis médical.

Pourquoi les cheveux tombent-ils après un accouchement ?

Après une naissance, de nombreux cheveux passent en même temps de la phase de croissance à la phase de repos, puis tombent ensemble quelques semaines plus tard. Ce phénomène s’appelle l’effluvium télogène. Selon le Vidal, il peut concerner jusqu’à 30 % des cheveux, ce qui explique l’impression de perdre des poignées entières.

Pour le comprendre, il faut rappeler le cycle du cheveu. Selon le manuel MSD, un cheveu pousse pendant 2 à 6 ans, passe environ 3 semaines en transition, puis reste 2 à 3 mois au repos avant de tomber. En temps normal, les cheveux ne sont pas tous au même stade, et on en perd 50 à 100 par jour selon le Vidal. Après un accouchement, une partie des cheveux se synchronise : ils atteignent la fin du cycle ensemble.

La grossesse prépare ce décalage. La Société française de dermatologie explique qu’une chute est possible pendant la première moitié de la grossesse, mais que la seconde moitié protège contre la chute naturelle des cheveux. Après la naissance, cette protection cesse et la chute réactionnelle s’observe de façon quasi systématique, à un degré plus ou moins important.

L’accouchement n’est pas le seul événement de ce type. Le Vidal cite aussi la fausse couche et l’interruption de grossesse, et DermNet range l’accouchement parmi les déclencheurs les plus classiques, avec la fièvre, une opération ou un stress important. La fatigue et le manque de sommeil des premiers mois ne sont pas décrits par ces sources comme une cause en soi.

Quand la chute commence-t-elle et combien de temps dure-t-elle ?

La chute commence environ un mois et demi après la naissance : la Société française de dermatologie la situe à partir de la sixième semaine, le Vidal vers un mois, et les deux sources précisent qu’elle survient plus tard chez la femme qui allaite. Elle dure ensuite 3 à 4 mois selon le Vidal, avant de ralentir puis de s’arrêter.

Ce décalage s’explique par la phase de repos : un cheveu qui a cessé de pousser reste accroché environ trois mois avant de tomber, selon le Vidal. C’est pour cette raison que la chute ne commence pas le lendemain de l’accouchement, et qu’elle surprend souvent au moment où la mère pense que son corps a retrouvé un rythme normal.

ÉtapeRepère selon les sources
Deuxième moitié de la grossesseChute naturelle freinée (SFD)
Début de la chuteVers la 6e semaine, plus tard en cas d’allaitement (SFD) ; vers 1 mois (Vidal)
Durée de la chute3 à 4 mois (Vidal)
Retour à la normaleRécupération sur 6 à 9 mois dans la plupart des chutes réactionnelles (DermNet)

Ces repères sont des moyennes. DermNet décrit, pour l’ensemble des chutes réactionnelles, une chute qui atteint un pic puis diminue progressivement, avec une récupération sur 6 à 9 mois dans la plupart des cas. Une chute qui dure nettement plus longtemps, ou qui reprend sans s’arrêter, n’entre plus dans ce schéma et mérite un bilan (voir plus bas).

Est-ce que les cheveux repoussent ?

Oui. La chute après un accouchement ne détruit pas les follicules : ils restent en place et produisent un nouveau cheveu. Le Vidal indique que ce type de chute est suivi d’une repousse complète et spontanée, et qu’un traitement est en général inutile. DermNet précise qu’une chute réactionnelle ne provoque jamais de calvitie complète.

DermNet note toutefois que la récupération est parfois incomplète. La notice du minoxidil range par ailleurs la chute après un accouchement parmi les chutes normales et transitoires, pour lesquelles il n’y a pas lieu de débuter un traitement.

La repousse prend du temps, puisqu’un cheveu pousse d’environ 2 millimètres par semaine selon le Vidal. Retrouver la longueur d’avant prend donc plusieurs mois de plus que l’arrêt de la chute.

Il existe une nuance. DermNet signale qu’une chute réactionnelle peut révéler une alopécie androgénétique jusque-là discrète, et que des épisodes répétés peuvent évoluer vers une alopécie féminine de ce type. Si, une fois la chute terminée, le dessus de la tête reste clairsemé et la raie élargie, il ne s’agit plus seulement du post-partum : voir notre guide sur la chute de cheveux chez la femme.

Que peut-on faire, et que faut-il éviter en allaitant ?

Le plus utile est de ménager ses cheveux et d’attendre : selon le Vidal, cette chute ne demande en général aucun traitement, et un complément en fer peut être prescrit temporairement par le médecin si besoin. Pendant l’allaitement, plusieurs produits contre la chute sont à éviter, en particulier le minoxidil et le finastéride.

Les gestes conseillés par le Vidal pour limiter la casse sont simples :

  • brosser avec une brosse souple, sans tirer sur les racines ;
  • éviter les coiffures qui tirent fort sur les cheveux, comme les chignons serrés et les nattes ;
  • sécher à l’air libre ou avec un air à peine tiède, et limiter fers à friser et brushings ;
  • manger des protéines et des aliments riches en fer et en zinc.

Côté médicaments, la prudence s’impose. Les notices du minoxidil en lotion demandent de ne pas l’utiliser pendant la grossesse, certaines le contre-indiquant, et de l’éviter pendant l’allaitement. La notice demande aussi d’éviter tout contact de la peau du bébé avec les zones traitées : des cas de pilosité excessive ont été rapportés chez des nourrissons exposés. Le finastéride est interdit chez la femme selon la Société française de dermatologie, et l’ANSM précise que les femmes enceintes ou susceptibles de l’être ne doivent même pas manipuler un comprimé cassé ou écrasé. Voir nos guides sur le minoxidil et le finastéride.

Les compléments alimentaires « antichute » ne sont pas une solution prouvée. Le Vidal note qu’ils sont le plus souvent sans preuve d’efficacité, et la Société française de dermatologie les réserve surtout aux carences. Une carence en fer est possible après une grossesse : le Vidal relie souvent cette chute à un manque de fer pendant la grossesse, et la SFD cite les grossesses multiples parmi ses causes. Plutôt qu’un complément choisi seul, une prise de sang prescrite par le médecin ou la sage-femme permet de savoir s’il en manque. Tout produit pris pendant l’allaitement se vérifie avec un professionnel de santé.

Et si c’était la thyroïde ?

Après une naissance, la thyroïde peut se dérégler. Selon le manuel MSD, dans les six mois qui suivent l’accouchement, elle peut devenir trop lente (hypothyroïdie) ou trop active (hyperthyroïdie), des troubles généralement temporaires, à traiter. Or la Société française de dermatologie rappelle qu’un trouble de la thyroïde, dans un sens ou dans l’autre, peut provoquer une chute diffuse.

Le piège est que les deux chutes se ressemblent et tombent au même moment. Une chute qui dure, accompagnée de signes inhabituels pour la mère elle-même, mérite donc d’en parler au médecin, qui peut demander un dosage hormonal. Le manuel MSD décrit aussi une forme de thyroïdite avec hyperthyroïdie passagère, qui peut apparaître soudainement dans les premières semaines suivant l’accouchement et peut persister, récidiver ou s’aggraver.

Ce bilan ne se fait pas par principe chez toutes les femmes qui perdent leurs cheveux après une naissance : la chute post-partum classique n’en a pas besoin. Il se discute quand la chute sort du schéma habituel. Notre guide sur les causes de la chute de cheveux présente les autres pistes.

Quand s’inquiéter ?

Il faut consulter si la chute dure bien au-delà de quelques mois, si elle forme des plaques sans cheveux, si le dessus de la tête reste clairsemé après la fin de la chute, ou si elle s’accompagne de règles très abondantes ou de signes inhabituels qui peuvent évoquer la thyroïde. Le médecin ou la sage-femme peuvent faire le point.

Une chute en plaques n’a rien à voir avec le post-partum. Elle évoque une autre cause, comme la pelade, et justifie un examen. De même, DermNet décrit une forme chronique de chute réactionnelle, où la chute reste anormale pendant des mois voire des années, surtout chez des femmes de 30 à 60 ans : elle ne se traite pas en attendant.

Le bilan proposé dépend de ce que le médecin suspecte. La Société française de dermatologie indique que, chez la femme, il est classique de rechercher une maladie de la thyroïde ou une carence en fer, parfois en vitamines et en zinc. Notre guide sur la consultation chez le dermatologue explique le déroulement de l’examen.

Quand consulter sans attendre

Consultez si des plaques sans cheveux apparaissent, si la chute se prolonge bien au-delà des 3 à 4 mois décrits par le Vidal, ou si elle s’accompagne de signes inhabituels dans les six mois après l’accouchement, période où le manuel MSD décrit des dérèglements de la thyroïde. Le médecin traitant, la sage-femme ou le dermatologue peuvent prescrire le bilan adapté.

Questions fréquentes

Perd-on aussi ses cheveux après une fausse couche ?

Oui, c’est possible. Le Vidal cite la fausse couche et l’interruption de grossesse parmi les déclencheurs d’une chute réactionnelle, au même titre que l’accouchement, avec la même repousse.

L’allaitement fait-il durer la chute plus longtemps ?

Les sources consultées indiquent surtout qu’il la décale : la Société française de dermatologie et le Vidal précisent que la chute survient un peu plus tard en cas d’allaitement. Elles ne décrivent pas de chute plus longue ou plus forte du fait de l’allaitement.

Combien de cheveux perd-on par jour après l’accouchement ?

Les sources ne donnent pas de chiffre propre au post-partum. Le Vidal situe la perte normale entre 50 et 100 cheveux par jour, et indique qu’une chute réactionnelle peut concerner jusqu’à 30 % des cheveux.

Les shampooings fréquents aggravent-ils la chute ?

Non. La Société française de dermatologie indique que se laver les cheveux n’est pas néfaste et qu’aucun shampooing n’est réellement antichute.

Sources

  1. Société française de dermatologie (dermato-info.fr), « Tout savoir sur l’alopécie », consulté le 6 octobre 2026.
  2. Vidal, « Les chutes de cheveux diffuses passagères », consulté le 6 octobre 2026.
  3. Vidal, « Chute de cheveux : symptômes, causes, traitements et prévention », consulté le 6 octobre 2026.
  4. Manuel MSD, version grand public, « Alopécie (chute de cheveux ou de poils) », consulté le 6 octobre 2026.
  5. DermNet (Nouvelle-Zélande), « Telogen effluvium », consulté le 6 octobre 2026.
  6. Manuel MSD, version grand public, « Maladies thyroïdiennes pendant la grossesse », consulté le 6 octobre 2026.
  7. Vidal, « Éviter les chutes de cheveux », consulté le 6 octobre 2026.
  8. Vidal, « Quels compléments alimentaires contre la chute de cheveux ? », consulté le 6 octobre 2026.
  9. Base de données publique des médicaments, « Minoxidil 2 %, solution pour application cutanée : notice et résumé des caractéristiques », consulté le 6 octobre 2026.
  10. ANSM, « Information pour les patients traités par finastéride 1 mg (mis à jour le 05/02/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
  11. Base de données publique des médicaments, « Résumé des caractéristiques du produit d’un minoxidil 2 %, solution pour application cutanée (générique), mis à jour le 29/09/2026 », consulté le 6 octobre 2026.

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