Chute de cheveux chez la femme, causes et traitements
Chez la femme, la chute de cheveux a souvent plusieurs causes possibles en même temps. Le bilan médical compte autant que le traitement, car une carence ou un trouble de la thyroïde se corrigent.

Chez la femme, la chute de cheveux est le plus souvent diffuse : les cheveux s’affinent sur le dessus de la tête et la raie s’élargit, sans zone totalement chauve. Les causes principales sont l’alopécie androgénétique féminine, qui touche environ une femme sur cinq vers 40 ans, la carence en fer, les troubles de la thyroïde, l’excès d’hormones mâles, certains médicaments et les chutes réactionnelles après un accouchement ou un choc. Selon la Société française de dermatologie, une consultation est indispensable pour en établir la cause, car plusieurs mécanismes peuvent se mêler. Le traitement de référence de l’alopécie féminine est le minoxidil.
Pourquoi les femmes perdent-elles leurs cheveux ?
Les femmes perdent leurs cheveux pour des raisons plus variées que les hommes : une prédisposition héréditaire (alopécie androgénétique), un manque de fer, un trouble de la thyroïde, un excès d’hormones mâles, un médicament, ou une chute réactionnelle après un accouchement, une maladie ou un choc. Ces causes peuvent s’additionner chez une même personne.
Il existe aussi des variations naturelles. Selon la Société française de dermatologie, les cheveux des femmes ne tombent pas de la même façon toute l’année : la chute est plus importante au printemps et surtout en automne. Une étude menée à Zurich sur 823 femmes en bonne santé apparente, qui consultaient pour une chute, a confirmé ce rythme saisonnier, avec un maximum de cheveux en phase de repos en été (voir la chute de cheveux saisonnière).
Les chutes réactionnelles (effluvium télogène) sont fréquentes chez la femme. Le Vidal cite l’accouchement, la fausse couche ou l’interruption de grossesse, une opération, une forte fièvre, un choc psychologique ou l’arrêt d’une contraception hormonale. La chute survient environ trois mois après l’événement, dure 3 à 4 mois et se termine par une repousse complète. Le cas de la naissance est détaillé dans notre guide sur la chute de cheveux après un accouchement.
Selon DermNet, une forme chronique sans cause évidente, où la chute reste anormale pendant des mois voire des années, touche surtout des femmes en bonne santé de 30 à 60 ans. Elle ne rend pas chauve, mais elle inquiète et mérite un bilan.
Enfin, les coiffures comptent. La Société française de dermatologie signale que les nattes très serrées, les élastiques et les barrettes toujours posés au même endroit provoquent une alopécie de traction, et que les colorations et défrisages sur les racines peuvent aggraver une chute.
L’alopécie androgénétique féminine, comment la reconnaître ?
L’alopécie androgénétique féminine se reconnaît à un éclaircissement progressif du dessus de la tête, plus visible au niveau de la raie centrale, alors que la ligne frontale reste le plus souvent en place. Selon le Vidal, elle n’aboutit jamais à une calvitie complète comme chez l’homme : les cheveux restent présents mais clairsemés.
La Société française de dermatologie décrit un aspect d’éclaircissement « en sapin » le long de la raie centrale, que le dermatologue évalue avec la classification de Ludwig. Le manuel MSD confirme que la chute concerne le sommet du crâne, sous forme de raréfaction plutôt que de disparition, et que la lisière des cheveux reste habituellement intacte.
Sa fréquence est importante : selon la Société française de dermatologie, environ 20 % des femmes à 40 ans sont concernées, et selon le Vidal, une sur quatre vers 60 ans. Elle n’apparaît jamais avant la puberté et le Vidal indique qu’elle débute souvent à la ménopause.
Le mécanisme est moins bien compris que chez l’homme. Selon la Société française de dermatologie, les hormones y jouent un rôle moins important, et on ne parle d’alopécie androgénétique familiale qu’une fois les autres causes éliminées. Le Vidal cite comme facteurs favorisants chez la femme certains contraceptifs oraux et les traitements hormonaux de la ménopause, et indique que le stress et l’excès de cholestérol pourraient aussi jouer.
Fer, thyroïde, hormones, ménopause, que vérifier ?
Devant une chute diffuse chez la femme, le médecin cherche d’abord ce qui se corrige : une carence en fer, un trouble de la thyroïde, un excès d’hormones mâles ou un médicament. Le manuel MSD pour les professionnels cite les dosages du fer, de la ferritine, de la vitamine D et, selon les antécédents, de la fonction thyroïdienne.
- Le fer. Selon la Société française de dermatologie, le manque de fer est fréquent chez la femme et peut à lui seul provoquer une chute diffuse. Il est lié à des règles abondantes, à des grossesses multiples ou à une alimentation pauvre en fer ; plus rarement, il révèle un saignement digestif ou gynécologique qui justifie des examens.
- La thyroïde. Une thyroïde trop active (hyperthyroïdie) comme trop lente (hypothyroïdie) peut faire tomber les cheveux, selon la même source.
- L’excès d’hormones mâles. Des ovaires polykystiques et, exceptionnellement, certaines tumeurs peuvent augmenter les androgènes. Les signes associés sont des cheveux gras, de l’acné, des poils au menton ou des règles irrégulières.
- Les médicaments. Certaines pilules peuvent aggraver la chute et d’autres la ralentir ; leur arrêt ou leur reprise modifie aussi la pousse. Les médicaments à base d’androgènes et certains traitements de l’épilepsie ou de l’hypertension sont également en cause.
Pour la ménopause, les sources consultées indiquent surtout qu’elle est souvent le moment où l’alopécie androgénétique féminine commence (Vidal). Elle ne doit pas faire oublier les autres causes : une chute à 50 ans peut aussi venir de la thyroïde ou d’une carence. La Société française de dermatologie mentionne aussi, parfois, un bilan des vitamines et du zinc.
Quels traitements chez la femme ?
Le traitement dépend de la cause. Une carence se corrige, un trouble de la thyroïde se traite, et une chute réactionnelle repousse seule. Pour l’alopécie androgénétique féminine, le minoxidil en lotion est le traitement de référence, selon la Société française de dermatologie. Il freine la chute et peut donner une repousse partielle, sans garantie.
Le minoxidil. La notice du minoxidil 2 % l’indique en cas de chute modérée liée à une alopécie androgénétique de l’adulte, homme ou femme. Les résultats apparaissent après environ 3 à 4 mois, une chute passagère peut survenir au début, et à l’arrêt, les cheveux reviennent à leur état initial en 3 à 4 mois. Parmi les effets indésirables, la notice cite des irritations et une pousse de poils à distance de la zone traitée (hypertrichose). Les notices demandent de ne pas l’utiliser pendant la grossesse, certaines le contre-indiquant, et de l’éviter pendant l’allaitement. Voir notre guide sur le minoxidil.
Les traitements hormonaux. Selon la Société française de dermatologie, les anti-androgènes ne sont pas toujours efficaces et sont surtout indiqués quand la chute s’accompagne d’acné, de cheveux gras, d’une pilosité excessive ou de règles irrégulières. L’acétate de cyprotérone n’est plus autorisé dans cette indication, en raison d’un risque de méningiome, une tumeur cérébrale. La spironolactone, courante aux États-Unis, est utilisée en France hors autorisation de mise sur le marché, sous la responsabilité du médecin.
Le finastéride est exclu. La Société française de dermatologie indique qu’il est interdit chez la femme, à la fois inefficace et responsable d’anomalies de formation du fœtus en cas de grossesse, et l’ANSM précise que les femmes enceintes ou susceptibles de l’être ne doivent même pas manipuler un comprimé cassé ou écrasé, en raison d’un risque de malformation des organes génitaux des garçons.
En attendant l’effet d’un traitement, la Société française de dermatologie suggère d’éviter la raie au milieu et cite les poudres camouflantes, qui partent au lavage. Pour les chutes étendues, voir compléments capillaires et dermopigmentation et la perruque médicale et son remboursement.
Quand voir un dermatologue ?
Une femme qui constate une chute inhabituelle a intérêt à consulter sans attendre qu’elle s’aggrave. Selon la Société française de dermatologie, l’interrogatoire et l’examen par le médecin sont indispensables pour trouver la cause d’une chute diffuse chez la femme. Le médecin traitant peut prescrire le premier bilan, le dermatologue examine le cuir chevelu.
Le dermatologue regarde le cuir chevelu au dermatoscope, pratique un test de traction (sur une trentaine de cheveux tirés doucement, un ou deux seulement doivent venir) et prend parfois des photos standardisées, la tête penchée en avant, la raie au milieu, pour suivre l’évolution. Certains centres proposent un trichogramme, qui analyse la racine de quelques cheveux prélevés.
Le manuel MSD demande de consulter rapidement si la chute s’accompagne de signes de virilisation, c’est-à-dire l’apparition de caractéristiques masculines, ou de signes d’une maladie générale. Un traitement, quel qu’il soit, se juge sur la durée : la Société française de dermatologie recommande une première évaluation après 3 à 4 mois. Notre guide sur la consultation chez le dermatologue détaille le déroulement, et les causes de la chute de cheveux donnent une vue d’ensemble.
Quand consulter sans attendre
Si la chute s’accompagne de signes de virilisation (apparition de caractéristiques masculines) ou de signes d’une maladie générale, le manuel MSD recommande une consultation rapide. Des règles très abondantes associées à une chute justifient aussi une prise de sang, car la Société française de dermatologie rappelle qu’un manque de fer peut révéler un saignement à explorer. Des plaques sans cheveux relèvent également d’un avis médical.
Questions fréquentes
La pilule fait-elle tomber les cheveux ?
Elle peut. Selon la Société française de dermatologie, certaines pilules aggravent la chute et d’autres la ralentissent, et l’arrêt ou la reprise de la pilule modifient aussi la pousse. Le Vidal cite l’arrêt d’une contraception hormonale parmi les déclencheurs d’une chute réactionnelle. Le choix se discute avec le médecin.
Faut-il prendre du fer à titre préventif ?
Non sans bilan. La Société française de dermatologie recommande de compléter l’alimentation en cas de carence en fer avérée, avec des aliments riches en fer comme la viande, les abats et le jaune d’œuf. Une supplémentation se décide avec le médecin après une prise de sang.
Le minoxidil peut-il faire pousser des poils sur le visage ?
C’est un effet indésirable cité par la notice du minoxidil : une pousse de poils à distance de la zone d’application (hypertrichose). Il faut en parler au médecin ou au pharmacien s’il apparaît.
Une femme peut-elle devenir chauve comme un homme ?
Pas du fait d’une alopécie androgénétique. Selon le Vidal, chez la femme, elle n’est jamais complète : les cheveux restent présents mais clairsemés sur le dessus de la tête.
Les compléments alimentaires pour cheveux sont-ils utiles ?
Selon la Société française de dermatologie, ils sont surtout indiqués en cas de carence ou de façon saisonnière. Le Vidal note que la plupart des compléments vendus contre la chute n’ont pas fait la preuve de leur efficacité.
Sources
- Société française de dermatologie (dermato-info.fr), « Tout savoir sur l’alopécie », consulté le 6 octobre 2026.
- Vidal, « L’alopécie androgénétique », consulté le 6 octobre 2026.
- Vidal, « Les chutes de cheveux diffuses passagères », consulté le 6 octobre 2026.
- Manuel MSD, version grand public, « Alopécie (chute de cheveux ou de poils) », consulté le 6 octobre 2026.
- Manuel MSD, version pour professionnels de santé, « Alopécie », consulté le 6 octobre 2026.
- DermNet (Nouvelle-Zélande), « Telogen effluvium », consulté le 6 octobre 2026.
- Dermatology (revue indexée), Kunz, Seifert, Trüeb, 2009, « Seasonality of hair shedding in healthy women complaining of hair loss », consulté le 6 octobre 2026.
- Base de données publique des médicaments, « Minoxidil 2 %, solution pour application cutanée : notice et résumé des caractéristiques », consulté le 6 octobre 2026.
- ANSM, « Information pour les patients traités par finastéride 1 mg (mis à jour le 05/02/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- Base de données publique des médicaments, « Résumé des caractéristiques du produit d’un minoxidil 2 %, solution pour application cutanée (générique), mis à jour le 29/09/2026 », consulté le 6 octobre 2026.
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