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Chute de cheveux en automne, saisons et stress

Chaque automne, la brosse se remplit un peu plus. Ce rythme saisonnier est réel et passager, mais il ne faut pas le confondre avec une chute réactionnelle ou une calvitie qui commence.

Mis à jour le 6 octobre 202611 sources citéesRédaction de Bulbe, vérifié par un second rédacteur

Feuilles mortes d'automne sur un pavé sombre.
Photo Bilakis, Pexels

Oui, la chute de cheveux saisonnière existe : selon la Société française de dermatologie, les cheveux tombent davantage au printemps et surtout en automne. Une étude sur 823 femmes en bonne santé apparente a montré que la proportion de cheveux en phase de repos est maximale en été, or un cheveu au repos tombe dans les 2 à 3 mois qui suivent. Cette chute est passagère et ne demande pas de traitement. Une chute brutale quelques mois après un choc (fièvre, opération, accouchement, choc psychologique) est une autre situation, l’effluvium télogène, qui repousse aussi spontanément. Les compléments alimentaires, eux, n’ont pas fait la preuve de leur efficacité en dehors d’une carence.

La chute de cheveux en automne est-elle réelle ?

Oui. La Société française de dermatologie indique que les cheveux, chez la femme en particulier, ne tombent pas de façon régulière toute l’année : des chutes plus importantes sont observées au printemps et surtout en automne. Ce rythme est un phénomène naturel et passager, que la même source range parmi les chutes de cheveux naturelles.

Une étude publiée en 2009 dans la revue Dermatology l’a mesuré. Des dermatologues de l’hôpital universitaire de Zurich ont analysé sur six ans les cheveux de 823 femmes en bonne santé qui consultaient pour une chute, après avoir écarté celles qui avaient une maladie ou un médicament connu pour faire tomber les cheveux. Résultat : la proportion de cheveux en phase de repos (télogène) était maximale en été, avec un second pic moins net au printemps, et minimale à la fin de l’hiver.

Le lien avec l’automne tient au cycle du cheveu. Selon le manuel MSD, la phase de repos dure 2 à 3 mois avant que le cheveu tombe. Des cheveux passés au repos en été tombent donc à la fin de l’été et à l’automne, ce qui concorde avec ce que décrit la Société française de dermatologie.

Les causes de ce rythme ne sont pas établies par les sources consultées. Les explications souvent avancées (lumière, chaleur) restent des hypothèses. Ce qui est établi, c’est que cette chute ne demande aucun traitement : la notice du minoxidil la décrit comme normale et transitoire, et précise qu’il n’y a pas lieu de débuter un traitement.

Qu’est-ce que l’effluvium télogène ?

L’effluvium télogène est une chute de cheveux diffuse et passagère qui survient quelques mois après un choc pour l’organisme. Selon le Vidal, jusqu’à 30 % des cheveux arrêtent alors de pousser en même temps, puis tombent ensemble environ trois mois plus tard. La chute dure 3 à 4 mois et se termine par une repousse complète.

Le nom vient de la phase du cycle concernée : « télogène » désigne la phase de repos du cheveu, et « effluvium » l’écoulement, la chute. DermNet le définit comme une chute temporaire due à un excès de cheveux en phase de repos après un choc. Les déclencheurs reconnus par le Vidal et DermNet sont :

  • un accouchement, une fausse couche ou une interruption de grossesse ;
  • une forte fièvre, une maladie aiguë, une opération sous anesthésie générale ;
  • un choc psychologique intense ;
  • une perte de poids rapide ou une carence ;
  • l’arrêt d’une contraception hormonale ;
  • certains médicaments et les troubles de la thyroïde.

Le délai est la clé du diagnostic : selon DermNet, la chute devient visible 2 à 4 mois après l’événement. C’est pourquoi on cherche souvent la cause au mauvais endroit, alors qu’il faut remonter à la saison précédente. Une chute réactionnelle ne rend pas chauve, précise DermNet, mais elle peut révéler une calvitie héréditaire discrète. La chute qui suit une naissance est détaillée dans notre guide sur la chute de cheveux après un accouchement.

Le stress fait-il tomber les cheveux ?

Le stress peut faire tomber les cheveux, mais moins souvent qu’on ne le croit. Un choc psychologique intense peut déclencher une chute réactionnelle quelques mois plus tard, selon le Vidal, et le stress chronique figure parmi les causes de chute diffuse persistante. Pour la calvitie, en revanche, son rôle reste mineur.

La Société française de dermatologie est nette sur ce point : le stress n’est pas responsable de tout. Dans la calvitie héréditaire, il peut jouer un rôle mineur, de l’ordre de 10 %, sur l’intensité ou la date de début de la chute, sans en être la cause.

Chez une personne jeune, la piste du stress mérite pourtant d’être examinée avant tout traitement. L’ANSM rappelle qu’une perte de cheveux peut être liée à un stress psychologique (examens, soucis familiaux ou professionnels), à des carences ou à une maladie, et que dans ces cas un médicament contre la calvitie comme le finastéride serait inutile tout en exposant à ses effets indésirables.

Une chute en plaques nettes, apparue après une période difficile, n’est pas une chute de stress classique : elle évoque une pelade, une maladie auto-immune qui demande un avis médical.

Combien de temps dure une chute réactionnelle ?

Une chute réactionnelle aiguë dure en général 3 à 4 mois selon le Vidal, puis les cheveux repoussent complètement. DermNet décrit un pic de chute suivi d’une diminution progressive, avec une récupération sur 6 à 9 mois dans la plupart des cas.

Type de chuteDéclencheurPériode ou durée selon les sources
SaisonnièreAucun, rythme naturelPic au printemps et surtout en automne (SFD)
Réactionnelle aiguëChoc 2 à 4 mois avant3 à 4 mois de chute (Vidal), récupération en 6 à 9 mois (DermNet)
Réactionnelle chroniqueSouvent sans cause évidenteDes mois, parfois des années (DermNet)

La forme chronique existe : selon DermNet, la chute reste alors anormale, de façon continue ou par épisodes, pendant de longues périodes, parfois des années. Elle touche surtout des femmes en bonne santé de 30 à 60 ans. Le Vidal cite, parmi les causes de chute diffuse qui dure, le stress chronique, les carences en fer, zinc, magnésium ou calcium, les régimes extrêmes, les troubles de la thyroïde et certains médicaments.

La repousse se mesure en mois : un cheveu pousse d’environ 2 millimètres par semaine selon le Vidal. Si la chute ne ralentit pas au bout de plusieurs mois, le bon réflexe est le bilan plutôt que l’attente. Voir quand consulter un dermatologue.

Alimentation et compléments, qu’est-ce qui est prouvé ?

Ce qui est prouvé, c’est l’effet d’une carence : un manque de fer, de zinc ou d’autres nutriments peut faire tomber les cheveux, et le corriger aide. En dehors d’une carence, les compléments alimentaires vendus contre la chute n’ont, pour la plupart, pas fait la preuve de leur efficacité, selon le Vidal.

Le Vidal détaille ce que les compléments ont le droit d’affirmer :

  • la biotine (vitamine B8) est la seule vitamine qui peut prétendre contribuer au maintien de cheveux en bonne santé, à condition d’une teneur minimale ; à fortes concentrations, elle peut fausser certaines analyses de sang, et l’ANSM demande aux personnes qui en prennent d’en informer le laboratoire avant une prise de sang ;
  • la vitamine B5, la cystéine, la méthionine et la levure de bière ne peuvent pas prétendre améliorer les cheveux ni arrêter leur chute, faute de preuves suffisantes ;
  • certains de ces produits ont des contre-indications : la cystéine est à éviter en cas de calculs rénaux, la méthionine en cas de maladie du foie, de cancer, de maladie cardiovasculaire ou de schizophrénie.

La Société française de dermatologie réserve les compléments aux carences ou à un usage saisonnier. En cas de manque de fer, elle conseille d’abord l’alimentation : viande, abats comme le foie ou le cœur, jaune d’œuf. Les lentilles, haricots verts, salades et épinards en contiennent aussi, mais il est moins bien absorbé. Le Vidal recommande de manger assez de protéines, de fer, de zinc et d’acides gras essentiels.

Un complément ne remplace pas un bilan. Une carence se prouve par une prise de sang prescrite par le médecin, qui adapte ensuite l’apport. Les autres causes possibles sont présentées dans notre guide sur les causes de la chute de cheveux, et les solutions de camouflage dans la rubrique solutions.

Comment ménager ses cheveux pendant une chute passagère ?

Pendant une chute saisonnière ou réactionnelle, le but est d’éviter d’ajouter de la casse à la chute. Le Vidal conseille une brosse souple sans tirer sur les racines, des coiffures qui ne tirent pas, un séchage à l’air ou à air à peine tiède, et de limiter fers et brushings. Aucun geste ne fait repousser plus vite.

La Société française de dermatologie va dans le même sens : la chaleur forte d’un sèche-cheveux tenu trop près fragilise les cheveux, et les nattes très tendues, les élastiques serrés et les barrettes toujours posées au même endroit peuvent provoquer une alopécie de traction. Elle rappelle aussi que le shampooing n’aggrave pas la chute, et qu’aucun shampooing n’est réellement antichute.

Plusieurs idées reçues sont à oublier selon la même source : les massages du crâne ne stimulent pas la pousse, et raser ou couper les cheveux à la pleine lune ne les fait pas repousser plus drus. Si la chute vous inquiète, un dermatologue peut faire un test de traction, qui distingue une chute normale d’une chute excessive.

Quand consulter sans attendre

Consultez si la chute fait apparaître des plaques sans cheveux, si elle ne ralentit pas après plusieurs mois, ou si elle s’accompagne d’autres signes (règles très abondantes, signes d’une maladie générale). Le Vidal rappelle qu’une chute diffuse qui dure peut venir d’une carence, de la thyroïde ou d’un médicament, et le manuel MSD recommande une consultation rapide devant des signes de maladie générale.

Questions fréquentes

Les hommes ont-ils aussi une chute saisonnière ?

Les sources consultées décrivent ce rythme surtout chez la femme : la Société française de dermatologie en parle à propos des cheveux des femmes, et l’étude de Zurich ne portait que sur des femmes. Le cycle du cheveu est le même chez l’homme, mais aucune de ces sources ne chiffre la chute saisonnière masculine.

Faut-il faire une cure de vitamines chaque automne ?

Pas sans raison. Le Vidal indique que la plupart des compléments contre la chute sont sans preuve d’efficacité, et la Société française de dermatologie les réserve surtout aux carences. Une prise de sang permet de savoir s’il manque quelque chose.

Combien de cheveux perd-on normalement par jour ?

Selon le Vidal et le manuel MSD, 50 à 100 cheveux par jour, qui arrivent au bout de leur cycle. Le Vidal parle de chute anormale au-delà de 100 cheveux par jour, ou quand une zone du cuir chevelu perd plus que le reste.

Une forte grippe peut-elle faire tomber les cheveux ?

Oui. Une forte fièvre fait partie des déclencheurs d’une chute réactionnelle selon le Vidal. La chute apparaît 2 à 4 mois plus tard selon DermNet, puis les cheveux repoussent.

Le stress peut-il donner des plaques sans cheveux ?

Une chute en plaques n’est pas une chute de stress ordinaire. Le Vidal la rattache surtout à la pelade, maladie auto-immune, ou à la teigne, infection par un champignon. Les deux justifient un examen médical.

Sources

  1. Société française de dermatologie (dermato-info.fr), « Tout savoir sur l’alopécie », consulté le 6 octobre 2026.
  2. Dermatology (revue indexée), Kunz, Seifert, Trüeb, 2009, « Seasonality of hair shedding in healthy women complaining of hair loss », consulté le 6 octobre 2026.
  3. Manuel MSD, version grand public, « Alopécie (chute de cheveux ou de poils) », consulté le 6 octobre 2026.
  4. Vidal, « Les chutes de cheveux diffuses passagères », consulté le 6 octobre 2026.
  5. DermNet (Nouvelle-Zélande), « Telogen effluvium », consulté le 6 octobre 2026.
  6. Vidal, « Quels compléments alimentaires contre la chute de cheveux ? », consulté le 6 octobre 2026.
  7. Vidal, « Éviter les chutes de cheveux », consulté le 6 octobre 2026.
  8. Vidal, « Chute de cheveux : symptômes, causes, traitements et prévention », consulté le 6 octobre 2026.
  9. ANSM, « Information pour les patients traités par finastéride 1 mg (mis à jour le 05/02/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
  10. Base de données publique des médicaments, « Minoxidil 2 %, solution pour application cutanée : RCP et notice (mis à jour le 09/03/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
  11. ANSM, « Interférence de la biotine sur les immunodosages (23/07/2019, mis à jour le 30/07/2026) », consulté le 6 octobre 2026.

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