Finastéride et chute de cheveux, efficacité et risques
Le finastéride 1 mg est un comprimé sur ordonnance qui freine la calvitie héréditaire de l’homme. Ses risques psychiatriques et sexuels ont conduit l’ANSM à durcir sa délivrance en 2026.

Le finastéride 1 mg est un comprimé prescrit aux hommes de 18 à 41 ans pour une alopécie androgénétique peu évoluée. Il freine la chute en bloquant la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone. Selon sa notice, une stabilisation apparaît en général après 3 à 6 mois. L’ANSM rappelle qu’il expose à des troubles psychiatriques, dont des idées suicidaires, et à des troubles sexuels parfois persistants après l’arrêt. Depuis le 16 juin 2026, toute délivrance exige une attestation annuelle signée par le médecin et le patient (depuis le 16 avril 2026 pour un premier traitement).
Comment agit le finastéride ?
Le finastéride bloque une enzyme du follicule pileux, la 5-alpha-réductase de type 2. Celle-ci transforme la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), l’hormone qui fait rétrécir peu à peu les follicules dans la calvitie héréditaire. En réduisant la DHT, le comprimé freine cette miniaturisation et peut, chez certains hommes, l’inverser en partie.
La notice décrit ce mécanisme ainsi : chez les hommes atteints d’alopécie androgénétique, le cuir chevelu dégarni contient des follicules miniaturisés et des taux élevés de DHT, et le finastéride inhibe le processus responsable de cette miniaturisation. C’est une action sur la cause hormonale, à la différence du minoxidil, dont le mode d’action précis reste inconnu.
Pour qui est-il prescrit ?
Le finastéride 1 mg est indiqué chez l’homme de 18 à 41 ans, pour une calvitie héréditaire à un stade peu évolué. La notice précise que son efficacité sur le recul des tempes (golfes) et sur une calvitie avancée n’a pas été établie. Il est contre-indiqué chez la femme et ne doit pas être utilisé chez l’enfant.
C’est un médicament sur ordonnance (liste I), non remboursé, au prix libre. Depuis 2026, la base publique des médicaments indique une condition de délivrance supplémentaire : le pharmacien ne peut le délivrer qu’après vérification d’une attestation d’information co-signée par le médecin et le patient, renouvelée chaque année.
Le médicament de référence n’est plus commercialisé en France, selon l’ANSM : ce sont des génériques, tous dosés à 1 mg, qui sont vendus. L’ANSM rappelle que le finastéride dosé à 5 mg est un autre médicament, prescrit dans l’hypertrophie bénigne de la prostate et non pour les cheveux.
Avant d’envisager ce traitement, il faut être sûr du diagnostic. Une chute brutale, en plaques ou survenue après une maladie n’est pas une calvitie héréditaire et ne relève pas du finastéride. Le guide quel médecin consulter pour une chute de cheveux aide à s’orienter.
Que dit l’ANSM sur ses effets indésirables ?
L’ANSM considère que le finastéride 1 mg expose à des troubles psychiatriques et sexuels, et que certains peuvent persister après l’arrêt. Sa page de février 2026, mise à jour en juin, cite l’humeur dépressive, la dépression et les idées suicidaires, les troubles de l’érection, de l’éjaculation et la baisse de libido, ainsi que la persistance possible de certains effets après le traitement.
Ces mises en garde se sont renforcées par étapes :
- 2019 : rappel des risques psychiatriques et sexuels en février, puis fiche d’information pour les patients en décembre, qui conseille de s’accorder un délai de réflexion avant de commencer.
- Mai 2025 : à la demande de l’ANSM, le comité européen de pharmacovigilance (PRAC) confirme les idées suicidaires comme effet indésirable du finastéride par voie orale.
- Septembre 2025 : carte patient dans chaque boîte de 1 mg et courrier aux professionnels de santé.
- 16 avril 2026 : attestation d’information obligatoire pour toute nouvelle délivrance, et à partir du 16 juin 2026 pour les renouvellements. Les boîtes portent aussi une mention d’alerte avec un QR code renvoyant vers le dossier de l’ANSM.
Les données françaises sont précises. Selon l’ANSM, une expertise du centre de pharmacovigilance de Limoges a recensé 110 cas de troubles psychiatriques entre 1985 et mai 2024, dont un décès par suicide et quatre tentatives. Deux autres suicides ont été déclarés depuis. Les deux tiers de ces cas étaient graves. Pour la moitié des patients (56 cas), les troubles psychiatriques ou sexuels n’étaient pas résolus malgré l’arrêt du traitement : parmi eux, la moitié en avaient encore environ 3 ans après, et un quart plus de 8 ans après.
La consigne de l’ANSM ne se discute pas : en cas de changement d’humeur, il faut arrêter le traitement et consulter un médecin en urgence. En cas de trouble sexuel, il faut consulter, et l’arrêt doit être envisagé, car la notice indique que ces troubles peuvent eux-mêmes contribuer aux changements d’humeur.
Dans les essais cliniques, les effets sexuels liés au médicament ont touché 3,8 % des hommes sous finastéride contre 2,1 % sous placebo pendant les 12 premiers mois, selon la notice. Celle-ci signale aussi des cas de cancer du sein chez l’homme rapportés depuis la commercialisation : toute grosseur, douleur ou écoulement au niveau du sein doit être signalé sans attendre. Le finastéride abaisse enfin le taux de PSA, un marqueur de la prostate : il faut prévenir le médecin qui prescrit ce dosage.
Quelles précautions pour les femmes et la grossesse ?
Le finastéride est contre-indiqué chez la femme, car il peut provoquer des anomalies des organes génitaux externes d’un fœtus de sexe masculin. La notice ajoute une précaution pour l’entourage : une femme enceinte ou susceptible de l’être ne doit pas manipuler des comprimés cassés ou écrasés, à cause d’une absorption possible par la peau.
Les comprimés entiers sont pelliculés : cet enrobage empêche le contact avec le principe actif lors d’une manipulation normale. Le risque concerne donc les comprimés coupés, brisés ou réduits en poudre.
La notice signale aussi qu’une très petite quantité de finastéride a été retrouvée dans le liquide séminal, quantité que les études chez l’animal ne considèrent pas comme un risque pour un fœtus de sexe masculin. Sur la fertilité masculine, elle indique que des cas d’infertilité ou de mauvaise qualité du sperme ont été rapportés depuis la commercialisation, avec une normalisation ou une amélioration à l’arrêt. Un homme qui a un projet de grossesse a intérêt à en parler avec son médecin avant ou pendant le traitement.
Pour les femmes qui perdent leurs cheveux, d’autres pistes existent, à commencer par un bilan des causes : le guide sur la chute de cheveux chez la femme les présente.
Quels résultats, et à quel moment ?
Le finastéride stabilise la chute chez une majorité d’hommes traités, mais lentement et seulement tant qu’on le prend. La notice indique que 3 à 6 mois de traitement quotidien sont en général nécessaires avant une stabilisation visible, et qu’augmenter la dose n’apporte aucune preuve d’efficacité supplémentaire.
Les études citées dans la notice portent sur 1 879 hommes de 18 à 41 ans. Après 5 ans de traitement de la calvitie du sommet du crâne (vertex) :
- la chute était stabilisée chez 90 % des hommes selon les photographies, et 93 % selon les médecins investigateurs ;
- une repousse était observée chez 65 % d’après le comptage des cheveux, 48 % d’après les photographies et 77 % d’après les investigateurs ;
- sous placebo, la chute progressait chez 100 % des hommes d’après le comptage et 75 % d’après les photographies.
Le gain mesuré culmine vers 2 ans puis s’érode. Dans une zone de 5,1 cm², le nombre de cheveux avait augmenté de 88 à 2 ans et de 38 à 5 ans par rapport au départ, alors que le groupe placebo en avait perdu 239 à 5 ans. Sur le devant du crâne, l’étude de 12 mois montre un gain modeste de 5 % du nombre de cheveux.
À l’arrêt, les bénéfices commencent à régresser au 6e mois et disparaissent après 9 à 12 mois. Le finastéride est donc un traitement d’entretien, à mettre en balance avec ses risques, ce que formalise l’attestation signée chaque année. L’ANSM demande qu’un traitement prolongé soit régulièrement réévalué en consultation. Pour comparer avec d’autres options, voir aussi la greffe de cheveux.
Et le finastéride en spray sur le cuir chevelu ?
Un finastéride en solution pour pulvérisation cutanée est commercialisé en France depuis mars 2025. Lors de la réévaluation européenne de mai 2025, l’évaluation n’a pas révélé de lien entre les sprays et les idées suicidaires, au vu des données disponibles.
L’ANSM précise toutefois qu’une mise en garde sur les changements d’humeur, la dépression et les idées suicidaires figure déjà dans la notice de toutes les formes de finastéride, spray compris.
Le spray reste donc un médicament à base de finastéride, avec les mêmes interdits chez la femme. Il relève, comme le comprimé, d’une décision prise avec un médecin. Le dutastéride, une molécule voisine, a fait l’objet de la même réévaluation : aucun lien avec les idées suicidaires n’a été établi, mais le PRAC a demandé en mai 2025, par précaution, l’ajout d’une mise en garde sur les troubles de l’humeur dans sa notice.
Quand consulter sans attendre
Arrêtez le finastéride et consultez un médecin en urgence en cas de tristesse inhabituelle, d’anxiété, de perte d’intérêt ou de pensées suicidaires : c’est la consigne de l’ANSM. En cas de pensées suicidaires, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit et joignable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Consultez aussi en cas de trouble sexuel ou de modification d’un sein (grosseur, douleur, écoulement).
Questions fréquentes
Faut-il une ordonnance pour le finastéride 1 mg ?
Oui. C’est un médicament sur liste I, donc sur ordonnance. Depuis le 16 avril 2026 pour une première délivrance, et depuis le 16 juin 2026 pour un renouvellement, le pharmacien doit aussi vérifier une attestation d’information co-signée par le médecin et le patient, valable un an. Il n’est pas remboursé.
Le finastéride est-il remboursé ?
Non. La base publique des médicaments indique pour le finastéride 1 mg un prix libre et un médicament non remboursable, au 6 octobre 2026.
Les troubles sexuels disparaissent-ils à l’arrêt ?
Pas toujours. La notice mentionne une persistance des troubles de la libido, de l’érection et de l’éjaculation après l’arrêt du finastéride. L’ANSM indique que, parmi les cas psychiatriques analysés en France, 56 patients présentaient encore des troubles psychiatriques ou sexuels malgré l’arrêt, et pour un quart d’entre eux plus de 8 ans après.
Ma compagne enceinte peut-elle toucher mes comprimés ?
Elle ne doit pas manipuler de comprimés cassés ou écrasés, selon la notice, car le finastéride pourrait être absorbé et nuire à un fœtus de sexe masculin. Les comprimés entiers sont enrobés d’un film qui empêche ce contact lors d’une manipulation normale.
Peut-on associer finastéride et minoxidil ?
Les notices consultées ne traitent pas cette association. C’est une décision à prendre avec le médecin, qui pèse les bénéfices attendus et les risques de chaque médicament.
Sources
- ANSM, « Finastéride 1 mg : une attestation d’information partagée nécessaire pour toute dispensation (publié le 05/02/2026, mis à jour le 15/06/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- ANSM, « Finastéride et risque d’idées suicidaires : nouvelles mesures (25/09/2025, mis à jour le 20/02/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- ANSM, « Retour d’information sur le PRAC de mai 2025 (5 au 8 mai) », consulté le 6 octobre 2026.
- Base de données publique des médicaments, « Résumé des caractéristiques du produit d’un finastéride 1 mg, comprimé pelliculé (générique), mis à jour le 05/01/2026 », consulté le 6 octobre 2026.
- Vidal, « Chute de cheveux et risques liés au finastéride 1 mg : une fiche d’information pour les patients (10/12/2019) », consulté le 6 octobre 2026.
- Santé.fr (ministère de la Santé), « Le numéro national de prévention du suicide », consulté le 6 octobre 2026.
À lire ensuite
- Minoxidil contre la chute de cheveux, ce qu’il faut savoirComment agit le minoxidil, pour qui, en combien de temps, avec quels effets indésirables et ce qui se passe à l’arrêt, d’après la notice et l’ANSM.
- Alopécie androgénétique chez l’homme, comprendre la calvitieCe qu’est la calvitie masculine, comment elle évolue, ce que l’hérédité explique et ce que valent les deux traitements reconnus.
- Chute de cheveux, quel médecin consulter et quels examensMédecin traitant ou dermatologue, déroulé de la consultation, bilan sanguin, trichoscopie et trichogramme, remboursement : le parcours expliqué.
- Chute de cheveux chez la femme, causes et traitementsPourquoi les femmes perdent leurs cheveux, comment reconnaître une alopécie féminine et ce qu’il faut faire vérifier par un médecin.
Sur le blog
L’huile de romarin arrête-t-elle la chute de cheveux ?Une seule étude de 2015 montre un effet comparable au minoxidil, mais les dermatologues restent prudents : les preuves sont bien plus minces que pour le minoxidil.7 octobre 2026
La créatine fait-elle perdre ses cheveux ?L’étude de 2009 sur la DHT et l’essai de 2025 qui a mesuré les cheveux : ce qu’ils montrent, ce qu’ils ne montrent pas.6 octobre 2026
Ce guide informe ; il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre dermatologue ou de votre pharmacien. Comment nous écrivons.