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Perte de cheveux chez l’enfant, qui consulter ?

Une plaque sans cheveux chez un enfant inquiète toujours. Les causes fréquentes sont peu nombreuses et se soignent, mais l’une est contagieuse : un avis médical s’impose.

Publié le 6 octobre 20267 sources citéesRédaction de Bulbe

Une mère brosse les cheveux bouclés de sa fille, qui sourit.
Photo Tiger Lily, Pexels

Commencez par le médecin qui suit l’enfant, généraliste ou pédiatre : il examine le cuir chevelu et oriente vers un dermatologue si besoin. Chez l’enfant, une chute de cheveux vient surtout d’une pelade (plaques rondes sur une peau normale), d’une teigne (infection par un champignon, avec des cheveux cassés et des squames), d’un arrachage des cheveux (trichotillomanie) ou d’une chute passagère après une fièvre ou une maladie. La teigne est la seule contagieuse : selon le Haut Conseil de la santé publique, l’enfant est évincé de la collectivité jusqu’à présentation d’un certificat médical attestant d’un traitement adapté.

Pourquoi un enfant peut-il perdre ses cheveux ?

Une chute de cheveux chez un enfant n’a pas le même sens que chez l’adulte, rappelle la Société française de dermatologie (Dermato-Info). La calvitie héréditaire n’en est pas la cause avant la puberté : selon la même source, elle ne débute qu’après. Les causes à connaître sont surtout :

  • la pelade, maladie auto-immune qui fait tomber les cheveux par plaques ; elle peut survenir à tout âge et concerne surtout les 10 à 30 ans (Dermato-Info) ;
  • la teigne du cuir chevelu, infection par un champignon, fréquente chez l’enfant selon les Manuels MSD ;
  • la trichotillomanie, l’habitude d’enrouler et d’arracher ses propres cheveux, plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte (Manuels MSD) ;
  • l’effluvium télogène, une chute diffuse quelques mois après une forte fièvre, une maladie ou une opération ;
  • la traction, quand des nattes, des tresses ou une queue de cheval trop serrées tirent sur les racines.

La forme de la perte oriente déjà : plaques bien nettes, plaques qui pèlent, zone clairsemée là où l’enfant tire, ou chute répartie sur toute la tête. Pour ce qu’un parent peut observer en ramassant les cheveux tombés, voir ce que montre un cheveu tombé avec ou sans bulbe.

Plaque ronde, croûtes, cheveux cassés, comment s’y retrouver ?

Devant une plaque sans cheveux, seul un examen permet de trancher. Trois indices aident à décrire la situation au médecin : la peau de la plaque (normale ou qui pèle), l’état des cheveux autour (entiers, cassés ou arrachés), et la forme de la perte (plaques nettes ou chute diffuse).

  • Pelade : des plaques circulaires bien délimitées, sur une peau qui paraît normale, sans rougeur ni squames. Dermato-Info note que 30 à 50 % des personnes atteintes, enfants compris, ont aussi des ongles marqués de petits trous « en dé à coudre ». L’aspect est le même chez l’enfant et l’adulte. Voir la pelade, fréquente aussi chez l’enfant.
  • Teigne : une plaque sèche qui pèle, parfois avec des démangeaisons. Les cheveux y sont cassés au ras du cuir chevelu, ce qui donne des points noirs, ou un peu au-dessus, ce qui donne une zone grise (Manuels MSD). Une forme inflammatoire, le kérion, donne une plaque enflée et douloureuse.
  • Trichotillomanie : les Manuels MSD la décrivent comme l’habitude d’enrouler des cheveux sains puis de les arracher. La zone se clairsème là où l’enfant tire, sans plaque qui pèle.
  • Effluvium télogène : pas de plaque, mais beaucoup de cheveux sur l’oreiller ou dans la brosse, sur toute la tête.

Pour la teigne, le diagnostic devrait reposer sur un examen mycologique, c’est-à-dire un prélèvement de cheveux et de squames analysé au laboratoire, selon le Haut Conseil de la santé publique.

La teigne est-elle contagieuse et que faut-il faire ?

Oui, elle se transmet. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) décrit une contamination par contact direct avec les lésions et les cheveux infectés, mais aussi par des objets : peignes, brosses, vêtements, bonnets partagés. Certaines teignes viennent d’un animal infecté. L’incubation est de deux à trois semaines. Le HCSP qualifie la contagiosité de faible, alors que les Manuels MSD la disent très élevée : dans les deux cas, la teigne se soigne et se prévient.

Ce que prévoit le guide du HCSP pour les collectivités (crèche, école) :

  • éviction de l’enfant jusqu’à présentation d’un certificat médical attestant d’une consultation et de la prescription d’un traitement adapté : il n’est pas nécessaire d’attendre la fin du traitement ni la repousse ;
  • application stricte des mesures d’hygiène, dont le lavage des mains et le nettoyage des jouets ;
  • conseil aux proches, famille comme professionnels, de consulter pour un dépistage.

Le traitement se décide après le prélèvement. Selon les Manuels MSD, la teigne se traite par un antifongique oral, prévu pour tous les patients, avec chez l’enfant une crème antifongique et un shampooing en complément. Ne pas utiliser de soi-même un produit gardé d’une autre fois.

Qui consulter, médecin traitant, pédiatre ou dermatologue ?

Le premier interlocuteur est le médecin qui suit l’enfant, son généraliste ou son pédiatre. Il reconnaît les plaques typiques, peut prescrire le prélèvement en cas de doute sur une teigne, et adresse au dermatologue si le diagnostic reste incertain ou si la pelade s’étend.

Côté remboursement, l’Assurance maladie précise qu’un enfant de moins de 16 ans sans médecin traitant déclaré est remboursé normalement. Elle juge tout de même préférable qu’un médecin identifié suive sa santé. Les parents déclarent ce médecin pour l’enfant.

Le dermatologue garde un rôle central pour la pelade et les cas difficiles. Il examine le cuir chevelu au dermatoscope, une loupe éclairante, et peut demander une lumière de Wood ou un prélèvement si une teigne est suspectée (Dermato-Info). Pour savoir à quoi s’attendre, voir comment se passe une consultation pour chute de cheveux.

La trichotillomanie relève d’un accompagnement différent. Les Manuels MSD la décrivent comme un trouble mental : le médecin de l’enfant peut orienter vers un pédopsychiatre ou un psychologue. La pelade elle aussi pèse sur le moral : Dermato-Info signale plus d’anxiété et de dépression chez les enfants et adolescents atteints, et parfois un retentissement sur la scolarité.

Un adolescent peut-il déjà avoir une calvitie ?

Oui, mais c’est rare si tôt. Selon Dermato-Info, la calvitie masculine peut débuter dès la puberté lorsqu’il s’agit d’une forme sévère. Elle touche environ 15 % des hommes à 20 ans. Elle commence par les golfes des tempes et le sommet du crâne, et on retrouve souvent une chute chez un parent ou un grand-parent. Voir l’âge auquel commence la calvitie héréditaire et l’hérédité de la calvitie, côté mère et côté père.

Chez une adolescente, la calvitie de type féminin n’apparaît jamais avant la puberté selon Dermato-Info. Une chute diffuse fait plutôt chercher un manque de fer, que la même source dit fréquent chez la femme et lié notamment à des règles abondantes ou à un régime pauvre en fer. Une pelade ou une chute réactionnelle restent aussi possibles.

Un adolescent de 13 ou 15 ans inquiet pour ses cheveux mérite d’être pris au sérieux. Un examen par un médecin distingue une vraie calvitie débutante d’une pelade, d’une traction ou d’une chute passagère.

Quand consulter sans attendre

Toute plaque sans cheveux chez un enfant, surtout si elle pèle, démange ou s’accompagne de cheveux cassés, car une teigne contagieuse doit être confirmée et traitée (Haut Conseil de la santé publique). Consultez rapidement si une plaque devient enflée et douloureuse, signe possible d’un kérion (Manuels MSD), si les plaques se multiplient, si les cils ou sourcils tombent, ou si l’enfant s’arrache les cheveux.

Questions fréquentes

La pelade de l’enfant est-elle contagieuse ?

Non. La pelade est une maladie auto-immune : le système immunitaire de l’enfant attaque ses propres follicules. Elle ne se transmet pas et ne justifie aucune éviction. Seule la teigne, qui peut lui ressembler, est contagieuse, d’où l’intérêt de l’examen médical.

Faut-il traiter toute la famille en cas de teigne ?

Le Haut Conseil de la santé publique recommande que les proches, famille comme professionnels, consultent pour un dépistage, pas qu’ils soient traités d’office. Le médecin décide qui traiter selon l’examen.

Mon enfant perd ses cheveux après une grosse fièvre, est-ce grave ?

Le plus souvent non. Une chute diffuse quelques mois après une forte fièvre ou une maladie correspond à un effluvium télogène, que les Manuels MSD disent généralement non permanent. Montrez-la au médecin si elle dure, si des plaques apparaissent ou si l’enfant est fatigué.

Sources

  1. Haut Conseil de la santé publique, « Guide des conduites à tenir en cas de maladies infectieuses dans une collectivité d’enfants ou d’adultes (septembre 2012), fiche Teignes du cuir chevelu et de la peau », consulté le 6 octobre 2026.
  2. Manuels MSD, version grand public, « Teigne du cuir chevelu (tinea capitis) (révision octobre 2025) », consulté le 6 octobre 2026.
  3. Manuels MSD, version grand public, « Alopécie (chute de cheveux ou de poils) (révision octobre 2025) », consulté le 6 octobre 2026.
  4. Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Tout savoir sur la pelade chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte (Dr C. Cassius, Dr L. Ronjat, 01/08/2025) », consulté le 6 octobre 2026.
  5. Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Tout savoir sur l’alopécie (publié le 10/12/2019) », consulté le 6 octobre 2026.
  6. Assurance maladie (ameli.fr), « Le rôle du médecin traitant et le parcours de soins coordonnés (mise à jour le 23/04/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
  7. Assurance maladie (ameli.fr), « Choisir et déclarer votre médecin traitant (mise à jour le 13/01/2026) », consulté le 6 octobre 2026.

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