La thyroïde peut-elle faire tomber les cheveux ?
Fatigue, prise de poids et cheveux qui tombent : la thyroïde fait partie des premières pistes. Ce que disent les dermatologues, l’examen à faire et le délai réel de repousse.

Oui. Selon la Société française de dermatologie, une thyroïde qui fonctionne au ralenti (hypothyroïdie) comme une thyroïde trop active (hyperthyroïdie) peut provoquer une perte de cheveux diffuse, sur toute la tête, pas en plaques. La vérification passe par une prise de sang qui mesure la TSH, l’hormone qui pilote la thyroïde. Une fois l’équilibre retrouvé, la repousse est habituelle, mais elle se fait attendre plusieurs mois et n’est pas toujours complète. Si la chute continue alors que le bilan thyroïdien est normal, une autre cause doit être cherchée.
Par quel mécanisme la thyroïde fait-elle tomber les cheveux ?
La Société française de dermatologie (Dermato-Info) écrit qu’un mauvais fonctionnement de la glande thyroïde, trop intense ou trop faible, « peut aussi provoquer une perte de cheveux diffuse ». Le Vidal range de même les problèmes thyroïdiens parmi les causes de chute diffuse durable.
Le mécanisme passe par le cycle du cheveu. Chaque cheveu pousse pendant des années, se met au repos (phase dite télogène), puis tombe. Un dérèglement hormonal fait basculer d’un coup un grand nombre de cheveux vers le repos : c’est l’effluvium télogène. DermNet, la référence néo-zélandaise de dermatologie, cite l’hypothyroïdie et l’hyperthyroïdie parmi ses déclencheurs, et précise que la chute apparaît deux à quatre mois après le déclencheur. Ce décalage explique pourquoi on fait rarement le lien tout seul : quand les cheveux tombent, le dérèglement a commencé depuis un moment.
La chute de cheveux liée à la thyroïde éclaircit l’ensemble de la chevelure. Elle ne dessine pas de golfes, ni de plaques nettes. Pour situer cette chute parmi les autres causes féminines, voir les causes hormonales de la chute chez la femme.
Hypothyroïdie ou hyperthyroïdie, la chute est-elle la même ?
Dans les deux cas, la chute est diffuse : la Société française de dermatologie cite l’hypothyroïdie comme l’hyperthyroïdie parmi les causes de perte de cheveux sur toute la tête. Ce qui change, c’est l’aspect des cheveux, plutôt secs et épars quand la thyroïde ralentit, et surtout le reste du tableau, qui oriente le médecin.
- Hypothyroïdie : la thyroïde ne produit pas assez d’hormones et l’organisme ralentit. Les Manuels MSD décrivent des cheveux épars, raides et secs. Quand une hypothyroïdie fait tomber les cheveux, elle vient souvent d’une thyroïdite auto-immune, la thyroïdite de Hashimoto, qui détruit progressivement la glande. C’est la cause la plus fréquente aux États-Unis selon les Manuels MSD.
- Hyperthyroïdie : la glande produit trop d’hormones et tout s’accélère. Sa cause la plus fréquente, la maladie de Basedow, est une maladie auto-immune selon les Manuels MSD.
Il existe un troisième lien, moins connu. Les personnes atteintes de pelade, une chute en plaques rondes d’origine auto-immune, ont plus de risque d’avoir une autre maladie auto-immune. Chez l’adulte, Dermato-Info cite en premier les maladies thyroïdiennes, notamment la thyroïdite de Hashimoto. Ici, ce n’est pas la thyroïde qui fait tomber les cheveux : les deux maladies partagent un même terrain. D’où l’intérêt de lire ce qu’est la pelade, plus fréquente avec certaines maladies auto-immunes, si les cheveux partent par plaques.
Quels autres signes doivent faire penser à la thyroïde ?
Une chute isolée ne suffit pas à suspecter la thyroïde. Ce sont les signes associés qui orientent : fatigue, frilosité et prise de poids quand elle ralentit, chaleur mal supportée, tremblements et amaigrissement quand elle s’emballe. Le détail, d’après les Manuels MSD :
- du côté de l’hypothyroïdie : fatigue, prise de poids, constipation, crampes, frilosité, peau sèche et épaisse, visage bouffi, paupières tombantes ;
- du côté de l’hyperthyroïdie : difficulté à supporter la chaleur, transpiration, perte de poids malgré l’appétit, tremblements, agitation, cœur rapide, parfois yeux saillants.
Fatigue et prise de poids ne sont pas propres à la thyroïde. Un manque de fer, fréquent chez la femme selon Dermato-Info, donne lui aussi fatigue et chute diffuse. Les deux pistes se vérifient souvent dans la même prise de sang : voir les carences à vérifier en même temps que la thyroïde. À l’inverse, si la chute suit un amaigrissement rapide, la cause peut être la perte de poids elle-même, comme l’explique notre article sur quand c’est l’amaigrissement qui fait tomber les cheveux.
Quel examen permet de vérifier ?
Une prise de sang. Devant une chute de cheveux évocatrice, le dosage de la TSH, l’hormone de l’hypophyse qui commande la thyroïde, suffit le plus souvent à dépister le problème selon les Manuels MSD. Elle varie à l’inverse de la thyroïde : une TSH élevée signale une thyroïde hypoactive, une TSH basse une thyroïde hyperactive. Le médecin complète au besoin par le dosage des hormones thyroïdiennes.
Face à une chute diffuse, les dermatologues demandent rarement la TSH seule. Dermato-Info rappelle que chez la femme il est classique d’éliminer à la fois une maladie thyroïdienne et une carence en fer. DermNet ajoute la vitamine B12 et l’acide folique à la liste des anomalies à corriger.
Un piège concerne directement les personnes qui perdent leurs cheveux. La notice officielle de la lévothyroxine, sur la base publique des médicaments, prévient que la biotine peut fausser les analyses, avec des résultats faussement élevés ou faussement bas. Elle précise que des compléments pour les cheveux, la peau et les ongles peuvent en contenir. Signalez-les au médecin et au laboratoire avant la prise de sang. Pour savoir qui prescrit ce bilan et comment se déroule la consultation, voir quel médecin consulter et quel bilan demander.
Les cheveux repoussent-ils une fois la thyroïde traitée ?
En général oui, mais pas tout de suite : la repousse suit le rythme lent du cycle du cheveu, sur plusieurs mois après le retour à l’équilibre, et elle n’est pas toujours complète. L’hypothyroïdie se traite par la lévothyroxine, une hormone thyroïdienne de synthèse dont la dose est augmentée progressivement (Manuels MSD). L’hyperthyroïdie a ses propres traitements, décidés par le médecin.
Côté cheveux, il faut compter avec le cycle pilaire. DermNet indique que la repousse se fait habituellement une fois le déclencheur supprimé, et que la forme aiguë de l’effluvium télogène se résout en six à neuf mois dans la plupart des cas. Le Vidal apporte une nuance : dans les chutes diffuses durables, dont celles d’origine thyroïdienne, la repousse complète n’est pas toujours la règle.
Beaucoup de personnes traitées s’inquiètent de perdre encore des cheveux après plusieurs semaines de traitement. Ce délai est attendu. La notice de lévothyroxine que nous avons consultée ne cite pas la chute de cheveux parmi ses effets indésirables. En revanche, elle demande de consulter en cas de signes d’hyperthyroïdie (palpitations, insomnie, tremblements, sueurs, amaigrissement rapide), qui peuvent traduire une dose trop forte. Elle prévient aussi qu’augmenter la dose sans avis médical expose à des effets graves.
Si la chute persiste alors que la TSH est revenue dans les normes, une autre cause peut s’ajouter : carence en fer, pelade, ou alopécie androgénétique, qui selon Dermato-Info se retient chez la femme une fois les autres causes éliminées.
Quand consulter sans attendre
Une chute diffuse qui s’accompagne de fatigue inhabituelle, de frilosité, de prise ou de perte de poids inexpliquée, de palpitations ou de tremblements justifie un bilan sanguin prescrit par le médecin traitant, comme le prévoient les Manuels MSD devant ces signes. Sous traitement thyroïdien, la notice de la lévothyroxine demande de consulter en cas de palpitations, d’insomnie, de sueurs ou d’amaigrissement rapide. Une chute en plaques relève d’un examen par un médecin, généraliste ou dermatologue.
Questions fréquentes
Un homme peut-il perdre ses cheveux à cause de la thyroïde ?
Oui. Les sources médicales décrivent la chute thyroïdienne sans distinction de sexe. Chez l’homme, la calvitie héréditaire reste toutefois bien plus fréquente : une chute diffuse avec fatigue, frilosité ou palpitations justifie quand même d’en parler à son médecin.
Faut-il arrêter la biotine avant un bilan thyroïdien ?
La notice officielle de la lévothyroxine indique que le médecin peut demander d’arrêter la biotine avant les analyses, car elle peut fausser les résultats. Signalez au médecin et au laboratoire tout complément pour cheveux, peau ou ongles, et suivez leur consigne.
Peut-on changer soi-même la dose de son traitement thyroïdien pour arrêter la chute ?
Non. La notice de la lévothyroxine prévient qu’augmenter la dose sans l’avis du médecin peut entraîner des effets indésirables graves. Le réglage se fait sur prescription, d’après le dosage de la TSH.
Sources
- Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Tout savoir sur l’alopécie (publié le 10/12/2019) », consulté le 6 octobre 2026.
- Manuels MSD, version grand public, « Hypothyroïdie (révision mai 2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- Manuels MSD, version grand public, « Hyperthyroïdie », consulté le 6 octobre 2026.
- Manuels MSD, version grand public, « Alopécie (chute de cheveux ou de poils) (révision octobre 2025) », consulté le 6 octobre 2026.
- DermNet, « Telogen effluvium (Chang et Oakley, mise à jour novembre 2019) », consulté le 6 octobre 2026.
- Vidal, « Les chutes de cheveux diffuses (mise à jour le 13/12/2019) », consulté le 6 octobre 2026.
- Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Tout savoir sur la pelade chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte (Dr C. Cassius, Dr L. Ronjat, 01/08/2025) », consulté le 6 octobre 2026.
- Base de données publique des médicaments, « Notice et RCP d’une spécialité de lévothyroxine 50 microgrammes, comprimé (mise à jour le 29/09/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
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