Dermite séborrhéique du cuir chevelu, la reconnaître
Des pellicules grasses, un cuir chevelu qui gratte et rougit par périodes : la dermite séborrhéique est fréquente et bénigne, mais elle revient. Bien la soigner, c’est surtout bien l’entretenir.

La dermite séborrhéique est une maladie inflammatoire de la peau, bénigne et non contagieuse, qui forme des plaques rouges couvertes de pellicules grasses sur les zones riches en sébum, d’abord le cuir chevelu. Selon l’Assurance maladie, elle touche 2 à 4 % des Français, surtout entre 18 et 40 ans. Elle évolue par poussées : les traitements antifongiques locaux la contrôlent, sans la guérir définitivement. Elle ne fait en général pas tomber les cheveux ; une chute n’est décrite que dans les formes sévères, quand les plaques recouvrent le cuir chevelu.
Qu’est-ce que la dermite séborrhéique ?
La dermite (ou dermatite) séborrhéique est une inflammation chronique de la peau qui se manifeste par des plaques rouges recouvertes de squames grasses, blanches ou jaunâtres. Elle siège là où les glandes sébacées sont nombreuses : cuir chevelu, ailes du nez, sourcils, barbe, arrière des oreilles. Elle évolue par poussées, avec une peau presque normale entre deux.
Selon l’Assurance maladie, le cuir chevelu est atteint dans 95 % des cas, et c’est parfois la seule zone touchée. Les plaques se forment surtout près des tempes et au sommet du crâne, puis peuvent déborder sur le front, la nuque et derrière les oreilles. Elles grattent, brûlent parfois, et restent souvent cachées par les cheveux, alors que les pellicules, elles, se voient.
Quelques repères chiffrés :
- 2 à 4 % des Français sont concernés entre l’adolescence et l’âge adulte, avec un pic entre 18 et 40 ans (Assurance maladie) ;
- six hommes touchés pour une femme, et après 40 ans la maladie ne concerne presque plus que des hommes (Assurance maladie) ;
- la Société française de dermatologie (SFD) estime à environ 2 % la part de la population française atteinte.
Chez le nourrisson, une forme proche existe : ce sont les croûtes de lait, qui relèvent d’un autre suivi.
Pourquoi revient-elle par poussées ?
La dermite séborrhéique revient parce que sa cause ne disparaît pas : le sébum favorise la prolifération d’une levure naturellement présente sur la peau, Malassezia, qui déclenche une réaction inflammatoire. Selon l’Assurance maladie, la peau se renouvelle alors en 5 à 14 jours au lieu de 28, ce qui produit les squames. Le stress et la fatigue favorisent les poussées.
L’Assurance maladie liste les facteurs qui peuvent intervenir :
- le stress, la fatigue, le surmenage, souvent à l’origine des poussées ;
- l’application de corps gras (huile solaire, par exemple) ou de lotions à base d’alcool ;
- une hygiène insuffisante, l’humidité et la transpiration excessive ;
- l’abus chronique d’alcool et l’obésité ;
- certaines maladies : immunodépression (VIH), maladie de Parkinson, maladies psychiques traitées par neuroleptiques, cancer des voies aérodigestives supérieures.
La SFD ajoute une explication à la nette prédominance masculine : les hormones androgènes stimulent la production de sébum. Le manuel MSD précise que, malgré le nom de la maladie, la composition du sébum est normale ; c’est la réponse de la peau à la levure qui pose problème.
Conséquence pratique : un traitement efface une poussée, mais les récidives sont « quasi systématiques », écrit l’Assurance maladie. L’objectif réaliste est d’espacer et d’atténuer les poussées, pas de s’en débarrasser une fois pour toutes.
Pellicules ou dermite, quelle différence ?
Les pellicules simples sont de petites squames sèches et non adhérentes, sur un cuir chevelu qui n’est pas rouge. La dermite séborrhéique ajoute des plaques rouges et inflammatoires, couvertes de squames grasses et jaunâtres, avec démangeaisons ou brûlures. Les deux forment un continuum : un état pelliculaire peut être le premier stade d’une dermite.
Selon la SFD, les pellicules concernent un Français sur deux. Elle distingue :
- les pellicules sèches : fines, blanches, sur un cuir chevelu sec, souvent entretenues par des produits agressifs ou un climat sec ;
- les pellicules grasses : plus épaisses et jaunâtres, liées à la levure Malassezia et à l’excès de sébum, c’est-à-dire au terrain de la dermite séborrhéique.
| Ce que l’on voit | Ce que cela évoque | Indice qui distingue |
|---|---|---|
| Petites squames blanches, cuir chevelu normal | Pellicules sèches | Pas de rougeur ni de plaque |
| Squames grasses sur plaques rouges mal limitées | Dermite séborrhéique | Atteinte aussi des sourcils, du nez, des oreilles |
| Plaques épaisses et bien limitées | Psoriasis du cuir chevelu | Limites nettes (manuel MSD, SFD) |
| Points blancs collés au cheveu | Lentes de poux | Restent fermement collées au cheveu (SFD) |
| Plaque avec cheveux cassés courts et squames | Teigne (à distinguer aussi de la pelade) | Infection contagieuse par un champignon |
Selon la SFD, le diagnostic repose sur l’examen : le médecin regarde l’aspect des squames, leur couleur, leur adhérence, et peut s’aider d’un dermatoscope. Une biopsie n’est faite qu’en cas de doute persistant.
Fait-elle tomber les cheveux ?
En général, non. Le manuel MSD, dans son édition professionnelle, écrit que la dermite séborrhéique n’est pas responsable d’alopécie. L’Assurance maladie nuance : dans les formes sévères, quand plaques et pellicules forment un « casque » qui recouvre des touffes de cheveux, elles peuvent causer leur chute. Ce cas reste l’exception, et se soigne avec la dermite.
Une perte de cheveux chez une personne qui a des pellicules a donc le plus souvent une autre explication, qu’il faut chercher :
- une calvitie héréditaire, très fréquente chez l’homme jeune, précisément la population la plus touchée par la dermite. Les deux peuvent coexister sans que l’une cause l’autre. Voir notre guide sur l’alopécie androgénétique chez l’homme ;
- une chute réactionnelle quelques mois après un choc, une maladie, un accouchement, ou une période de stress, ce même stress qui déclenche aussi les poussées. Voir la chute de cheveux saisonnière et l’effluvium télogène ;
- une teigne, qui casse les cheveux et donne des squames : c’est une infection contagieuse qui demande un traitement spécifique ;
- un psoriasis du cuir chevelu, à plaques plus épaisses et mieux limitées.
Gratter fort les plaques n’arrange rien : l’Assurance maladie rappelle que le grattage aggrave les lésions et fragilise la peau. Si la chute est nette, en plaques ou durable, un avis médical permet de faire la part des choses. Les autres pistes sont rassemblées dans notre guide sur les causes de la chute de cheveux.
Quels shampooings et traitements ?
Pour des pellicules nombreuses ou une dermite débutante, l’Assurance maladie conseille d’abord un shampooing en vente libre à base de pyrithione zinc, piroctone olamine, sulfure de sélénium ou acide salicylique. Si cela ne suffit pas, le médecin prescrit un antifongique local, le plus souvent le kétoconazole, parfois associé quelques jours à un corticoïde.
En automédication, l’Assurance maladie décrit ce schéma : le shampooing traitant 2 à 3 fois par semaine, en alternance avec un shampooing doux, pendant 2 à 4 semaines, puis une fois par semaine ou toutes les deux semaines. Ces produits ne sont pas remboursés, et certains sont contre-indiqués pendant la grossesse, l’allaitement ou sur certains types de cheveux : le pharmacien aide à choisir.
Sur prescription, selon l’Assurance maladie et la SFD :
- les antifongiques locaux sont la base du traitement : imidazolés (dont le kétoconazole) en gel moussant ou crème, ou ciclopiroxolamine en shampooing ou crème. Le traitement d’attaque comporte deux applications par semaine, puis l’entretien une par semaine, puis une toutes les deux semaines ;
- les dermocorticoïdes calment vite l’inflammation, mais ne s’utilisent que sur de très courtes périodes, en raison d’un effet rebond (rechute rapide et sévère) et d’effets indésirables comme l’amincissement de la peau ;
- le gluconate de lithium en crème peut compléter le traitement pour son effet anti-inflammatoire ;
- les antifongiques par la bouche sont réservés aux formes sévères, selon la SFD.
L’Assurance maladie prévient qu’au début d’un traitement antifongique, les symptômes s’accentuent parfois (brûlure, rougeur, démangeaisons) : il faut le signaler au médecin. Pour la SFD, ces traitements sont suspensifs : ils contrôlent la maladie tant qu’on les utilise, d’où la phase d’entretien. Respecter le temps de pose indiqué dans la notice fait partie du traitement.
Quels gestes au quotidien entre deux poussées ?
Entre les poussées, l’Assurance maladie recommande une hygiène douce : shampooing doux et non irritant, rinçage abondant, séchage à la serviette plutôt qu’au sèche-cheveux, et aucun produit de coiffage. Il faut aussi éviter les colorations et tout produit appliqué sur le cuir chevelu, puis surveiller les déclencheurs connus comme le stress ou l’alcool.
Les conseils détaillés de l’Assurance maladie :
- éliminer les savons décapants et antiseptiques, les cosmétiques parfumés, alcoolisés ou gras ;
- masser sans frotter lors du shampooing, et respecter le temps de pose ;
- proscrire laques, gels et sprays coiffants ;
- éviter les colorations et les soins qui demandent d’appliquer un produit sur le cuir chevelu ;
- se protéger du soleil avec une crème solaire, sans excès ;
- ne pas gratter les squames, même quand elles démangent ;
- agir sur ce qui déclenche les poussées : stress, surpoids, transpiration excessive, abus d’alcool.
Ces gestes ne remplacent pas le traitement pendant une poussée, mais l’Assurance maladie les juge indispensables pour atténuer les récidives. Le shampooing traitant reste utile en entretien, à un rythme plus espacé.
Quand consulter ?
L’Assurance maladie conseille de voir son médecin traitant si un shampooing spécifique utilisé pendant un mois reste sans effet, si les plaques s’étendent au visage ou ailleurs, ou si elles deviennent suintantes, purulentes, très rouges ou douloureuses. Une chute de cheveux visible, ou en plaques, justifie aussi un avis pour en trouver la cause.
Le médecin traitant pose généralement le diagnostic à l’examen, sans analyse. Selon l’Assurance maladie, aucun examen complémentaire n’est utile, sauf en cas de dermite très étendue : un dépistage du VIH ou d’autres examens peuvent alors être demandés, puisque l’immunodépression favorise la maladie. Il oriente vers un dermatologue si le doute persiste avec un psoriasis, une teigne ou une autre cause de chute.
Le déroulé d’une consultation, les examens possibles et leur remboursement sont détaillés dans notre guide quel médecin consulter pour une chute de cheveux.
Quand consulter sans attendre
Consultez, selon l’Assurance maladie, si les plaques deviennent suintantes, purulentes, très rouges ou douloureuses, si elles s’étendent au visage ou au reste du corps, ou si un mois de shampooing spécifique n’a rien changé. Une chute de cheveux en plaques, ou une dermite très étendue apparue sans raison, justifie aussi un rendez-vous chez le médecin traitant.
Questions fréquentes
La dermite séborrhéique est-elle contagieuse ?
Non. L’Assurance maladie la décrit comme une maladie bénigne et non contagieuse. Elle vient d’une réaction de la peau à une levure que tout le monde porte, pas d’une contamination.
Peut-on guérir définitivement de la dermite séborrhéique ?
Non, selon l’Assurance maladie : le traitement soigne les poussées mais ne permet pas une guérison définitive, et les récidives sont quasi systématiques. Le traitement d’entretien et les gestes d’hygiène douce servent à espacer les poussées et à les rendre moins fortes.
Le soleil améliore-t-il la dermite séborrhéique ?
Les sources consultées ne le présentent pas comme un traitement. L’Assurance maladie recommande au contraire de se protéger avec une crème solaire, sans excès, et cite l’application de corps gras comme l’huile solaire parmi les facteurs qui peuvent favoriser la maladie.
Faut-il laver ses cheveux moins souvent quand on a une dermite séborrhéique ?
Non. L’Assurance maladie recommande au contraire une hygiène régulière avec un shampooing doux, en alternance avec le shampooing traitant, et cite l’hygiène insuffisante parmi les facteurs favorisants. Ce qui compte est la douceur : masser sans frotter, rincer abondamment, éviter les produits décapants ou parfumés.
Les shampooings au kétoconazole sont-ils remboursés ?
Selon la Société française de dermatologie, le kétoconazole à 2 % et la ciclopiroxolamine, utilisés dans les formes plus sévères, sont partiellement remboursés sur prescription. Les shampooings antipelliculaires en vente libre, eux, ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie.
Sources
- Assurance maladie (ameli), « Pellicules grasses et dermatite séborrhéique de l’adulte, causes et symptômes (13/02/2024) », consulté le 6 octobre 2026.
- Assurance maladie (ameli), « Dermatite séborrhéique de l’adulte, diagnostic et traitement (13/02/2024) », consulté le 6 octobre 2026.
- Assurance maladie (ameli), « Pellicules très nombreuses et dermatite séborrhéique débutante, que faire ? (13/02/2024) », consulté le 6 octobre 2026.
- Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Tout savoir sur la dermite séborrhéique (Dr S. Ly, Dr L. Ronjat, 17/06/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Tout savoir sur les pellicules (Dr L. Ronjat, mise à jour 02/05/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- Société française de dermatologie (Dermato-Info), « Connaître les examens et traitements des pellicules (Dr L. Ronjat, mise à jour 03/02/2026) », consulté le 6 octobre 2026.
- Manuel MSD (édition professionnelle), « Dermite séborrhéique (révision avril 2025) », consulté le 6 octobre 2026.
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